12/06/2006

• (53) Mayenne by Gerber 85

Un département coupé en quatre par les voies de communication...qui a toujoursété un lieu de passage !Son patrimoine témoigne d'une occupation humaine trèsancienne : le département est riche d'une multitude de châteaux de toutes lesépoques souvent construits grâce à la rente foncière.L'agriculture est à l'origine de cette richesse : la généralisation du métayage atissé des liens étroits entre "maîtres" et "métayers" qui marquent encore lepaysage politique du département.Département rural certes, qui a cependant connu un développement industrielremarquable au XIXé siècle.Aujourd'hui certaines de ses usines à la campagnes sont mondialement connuesmême si les centres urbains concentrent l'essentiel des activités industrielles.La qualité de ses paysages est à l'origine du développement d'un tourisme vert quicontraste avec l’urbanisation croissante.La Mayenne : un département écartelé ?La rivière la Mayenne qui coule du nord vers le sud pour rejoindre la Sarthe dans la Maine avant de se jeter dans les bras de la Loire à Bouchemaine partage le département en une égale symétrie, véritable ruban bleu qui coupe le département en deux.La Mayenne prend sa source à la Fontaine de Maine sur la commune de Lacelle dans l'Orne dans les collines du Perche.Sur 204 km de parcours elle en effectue 113 dans le département.St Jean sur Mayenne est situé à une dizaine de km au nord de Laval sur la rive droite.Le village construit à l'abri des inondations prolonge ses constructions vers le pont qui enjambe la rivière.Ce paysage valonné montre combien les haies ont été éclaircies. La rivière a constitué de fait un axe structurant : les principales villes du département se sont développés sur la rive droite de la rivière en autant de points de contrôle de la navigation. Aujourd'hui les axes de circulation ferroviaire et routiers privilégient la direction est-ouest et la mise en relation de la Bretagne et de la région parisienne.L'A 81 est à la fois la route des vacances pour de nombreux franciliens amoureux de la Bretagne mais aussi un axe privilégié pour les productions bretonnes pour qui Paris et en particulier Rungis est un marché essentiel !Cette coupure autoroutière sera bientôt doublée par une ligne TGV en site propre ce qui à l'échelle locale entraîne des tensions multiples...La Mayenne reste une terre de contact entre le bassin parisien et la Bretagne.

 

 

 

 

Laval : une métropole ?

La rivière difficilement franchissable a longtemps joué un rôle protecteur des cités.
Contrairement à d'autres départements, la vallée de la Mayenne n'est pas très urbanisée.
Seuls trois points de passage de la rivière ont donné lieu à des ensembles urbains : leur fonction de noeuds de communication semble avoir joué un rôle primordial.
Laval, préfecture, 1er pôle commercial, reste le principal pôle attractif du département

 

Si Guy de Dénéré choisit de construire son château à Laval sur un promontoire rocheux vers 1020-1030, c'est pour profiter du gué, lieu de passage obligé entre l'est et l'ouest. Les raisons militaires et économiques se rejoignent pour le choix de ce site.
Le vieux pont construit au XIII e siècle probablement témoigne encore de l'intérêt de ce point de passage obligé.

Les points de franchissement se sont aujourd'hui multipliés, mais les ralentissements sont encore importants aux heures de pointes !

 

 

Le château de Mayenne.
Le site est comparable à celui de Laval.
Les fouilles archéologiques ont démontré l'origine carolingienne du château.

 

 

Victor Hugo à Adèle dans une lettre du 22 juin 1836 :
" Mayenne est une vivante et pittoresque ville, posée en travers de la rivière, avec un bon château, une haute église incrustée de pierres romanes qui ont deux cent ans, des maisons du XVe siècle zébrées de bois et de plâtre, et un vieux pont à arches et ogives."

Château-Gontier s'est également développé sur les hauteurs de la rive droite.
L’église St Jean Baptiste est un remarquable exemple d'art roman

 

 

 

Evron : petite cité blottie autour de sa Basilique au pied des Coëvrons. qui développe surtout des activités agro-industrielles (abattoirs Socopa et usine Bel).
Elle profite de sa liaison ferroviaire (ligne le Mans-Rennes) et de sa proximité avec l'autoroute A 81.

 

 

 

 

Un passé industriel méconnu


La Mayenne n'est pas un département industriel... Pourtant les sites de production protohistoriques (phase eotechnique) sont nombreux.

Le 4 janvier 1790, l'Assemblée Constituante délimite le territoire du département en voulant rassembler toutes les communes où l'on cultive, manoeuvre, apprête, file et convertit le lin en toile. Cette activité fit la richesse du département du 16e au 18e siècle.
Au 19e siècle les activités extractives prennent le relais, essentiellement tournées vers les besoins de l'agriculture.
Vers 1820-1830 la Mayenne suit l'exemple du Maine et Loire et se tourne vers le chaulage de ses terres pour augmenter les rendements agricoles. En 1870 on dénombre ainsi 270 fours à chaux dans le département !


Cependant la Mayenne a dans l'ensemble raté la révolution industrielle : le bénéfice en est aujourd'hui la rareté des friches industrielles gage d'un environnement sauvegardé.
Restent visibles sur l'image satellite les zones d'extraction minière : les carrières de Voutré et les mines de Chaux et Dolomie* de Neau. (*Dolomie : roche peu courante utilisée comme pierre réfractaire dans les aciéries et dans l'industrie du verre.)

 

Les années 1830-1840 marquent le début d'un véritable engouement pour la chaux en Mayenne : le chaulage permet d'améliorer les rendements des sols pauvres. La découverte de gisements d'anthracite dans le bassin de Laval permet de faire face à la forte demande de combustible : de multiples fours à chaux sont alors construits dans le département. La production départementale de chaux passe de 69 800m3 en 1816 à 350 000 m3 en 1866.

 

Evron : four à chaux
Four St Anne

 

 

 

 

 

Renazé :
site d'extraction minière (schiste ardoisier) qui a connu son apogée entre les deux guerres.
1400 ouvriers en 1925, 700 seulement en 1951.
Le site aujourd'hui fermé est devenu un musée.

 

 

 

 

 

 

 

 

L'entrée de l'usine de Fontaine Daniel

 

une activité textile qui perdure.

 

 

 

L'abbaye du port du Salut est d'abord un prieuré fondé en 1815 afin de participer à la rechristianisation du département,
aujourd'hui célèbre pour avoir développé un fromage : le Port Salut.
Entrammes "Interamnes (entre les rivières) : nous sommes en présence d'un ancien gué, sur la route gallo-romaine entre le Mans et Rennes.
En 1987, des thermes furent découverts sous l'église.

 

 

 

Avec une déclivité de 64 m la Mayenne fut longtemps une rivière au cours rapide.
Si François 1er avait autorisé en 1537 la création d'aménagments sur la rivière pour assurer sa navigabilité, il faut attendre Louis Philippe pour voir entreprendre les travaux qui donnent à la Mayenne son visage actuel : la rivière est canalisée, un chemin de halage aménagé, des écluses construites.

Les échanges sont principalement les suivants :
vers le nord remontent de la chaux, du tuffeau de Saumur, des ardoises, du charbon et des vins fins.
vers le sud sont transportés du bois, du granit, des marbres et autres matériaux de construction.
En 1896, 200 000 t sont ainsi échangées par cette voie fluviale.

 

 

 

Ecluse de Meuville

 

Particularité méconnue : depuis 1954 la rivière est équipée de microcentrales électriques.
Sur 16 barrages sont installés 22 groupes développant chacun entre 70 et 200 KW pour une puissance totale installée de 1770 KW.
Une telle turbine est visible ici le long de l'écluse.

 

Le dernier bateau de commerce, le" St Georges" passe l'écluse d'Avesnière le 16 juillet 1975 avec 150 t de sable de Loire.

 

 

Ecluse de Montgiroux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Désormais le chemin de halage entretenu par le Conseil Général est praticable depuis Mayenne jusqu'à Château Gontier sur 85 km.
Paradis des randonneurs et des cyclistes...

 

Le pays des usines à la campagne : le rêve d'Alphonse Allais réalisé ?

Averton : exemple d'entreprise familiale qui a su se développer à l'échelle mondiale
Monique et Pierre de Poix créent en 1957 une société spécialisée dans la gravure de 45 tours qui comptait 5 salariés en 1957. En 1973, ils se lancent dans la production de cassette audio puis en 1984 dans la gravure de cd, enfin depuis 1997 dans le DVD.
L'entreprise se développe à l'international et compte 800 salariés en 1999.

Spécialiste mondialement reconnu, l'entreprise montre que la Mayenne peut jouer la carte des hautes technologies !

 

Averton : domaine de l'Orgerie,
siège social du groupe MPO.

 

 

 

 

L'usine Chattemoue à Javron les Chapelles fabrique
du béton prêt à l'emploi pour PBM Industrie, groupe normand dont le siège social est à Manneville sur Risle spécialisé dans les escaliers en béton préfabriqués, le mobilier urbain, les modules de cave ou les murs antibruit.
Le groupe comprend 12 usines en France.

 

 

 

L'espace rural mayennais est donc loin d'être dévitalisé du point de vue industriel.
Cependant il faut noter que les villes concentrent l'essentiel des activités secondaires.
Laval concentre 35 % des salariés industrielles du département.

 

Un département agricole

Avec 15400 actifs équivalents temps plein, la Mayenne se place au 5e rang français pour l'activité agricole (en pourcentage de la population active).
Département d'élevage : 2e rang national pour la production bovine, 5e rang pour la production de porc.

La mécanisation de l'agriculture a profondément bouleversé les paysages agraires.
La polyculture avec élevage laitier a reculé au profit d'une augmentation des surfaces herbagères et de la céréaliculture. L'élevage bovin s'est intensifié sur les riches prairies du Maine.
Les surfaces cultivées ne cessent d'augmenter alors que les actifs agricoles diminuent en nombre.
Le débocagement est un réalité : un parcellaire à mailles larges !

Même dans le nord mayenne le bocage tend à disparaître, résultat du remembrement, de la diminution du nombre d'exploitations, de leur mécanisation et de l'accroissement des superficies exploitées par un seul homme.
La Mayenne apparaît comme un des départements les moins boisés de France.
La forêt couvre 35000 ha soit 6,8% de la superficie contre 27,6 % en France (source Agreste !)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La Mayenne : des châteaux remarquables!

Ste Suzanne : sur un éperon rocheux triangulaire qui surplombe l'Erve de 60 m un donjon qui s'enorgueillit d'avoir résisté à Guillaume le Conquérant pendant un siège de plus de 3 ans.

A côté de la forteresse médiévale Guillaume Fouquet de la Varenne fait édifier en 1608 un logis style Louis XIII.

Craon et son château

Construit sur la butte de Guinefolle dans l'axe de la route royale Laval Pouancé entre 1773 et 1776, le château de Craon continue d'impressionner par son style Louis XVI et la blancheur de ses pierres en tuffeau de Loire.
Son parc à la française a été dessiné par Chatelain.

 

 

Lassay les Châteaux
témoin exceptionnel de l'architecture militaire de la 1e moitié du XVe siècle.
Son élégance tient sans doute en une construction rapide commandée par Jean de Vendôme

 

 

 

 

 

Au pied de la butte de Montaigu ( 290 m), témoignage de l'ère primaire, ont été retrouvé les plus anciennes traces d'une occupation humaine dans le département.
Aujourd'hui la chapelle St Michel élevée au XVe siècle a remplacé un ancien ermitage.

La vallée de l'Erve forme à Saulges un véritable canyon.De nombreuses grottes creusées dans le calcaire ont servi de refuge aux hommes du Paléolithique qui devaient affronter le froid des dernières glaciations.Ces grottes témoignent d'une très longue occupation et font encore la joie des spéléologues. Le 11 juin 1967 une équipe menée par Roger Bouillon de la société Mayenne Science découvrait une grotte ornée de peinture pariétales, seul exemplaire de ce type au nord de la Loire ! C'est aussi le paradis des grimpeurs qui apprécient la grande variété des voies offertes par ces falaises.

La forteresse de Jublains a longtemps intrigué les archéologues. Datant de 200 ap JC, construite à l'écart de la ville, elle reste unique en son genre et on continue de s'interroger : est-ce un entrepôt ? un coffre fort ?
Avant d'être abandonnée au 4e siècle Jublains est une ville romaine prospère dont on retrouve encore aujourd'hui des traces monumentales.

Fortin romain à tours d'angle construit sur le flanc du Mont Rochard, le rubricaire permettait sans doute de surveiller toute la plaine d'Evron avec une vue qui porte sur 35 km.
Ce camp militaire qui reste assez mystérieux n'en disposait pas moins de tout le confort : au 1er plan se distingue les ruines des thermes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14:44 Écrit par josiane meulders | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, mayenne, le pays de la loire |  Facebook |

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