17/05/2006

• (13) Bouches-du-Rhône by adresel671

dep-13-pet[1]Lorsque les Grecs ont fondé Massalia en 600 Av J-C, qui aurait cru, un seul instant, qu’un Alsacien de souche ferait l’éloge de ce département des Bouches-du Rhône presque trois millénaires après… Le littoral du 13, qui donne sur le golfe du Lion, est jalonné d’étangs en bordure de mer et ouvre parfois sur elle à l’arrière un mince cordon sablonneux. À l’Est de Marseille, ce littoral, échancré en baies, reste très accidenté et ces découpes naturelles portent le nom de calanques dont les plus célèbres se trouvent à Cassis. L’intérieur du département est occupé pour l’essentiel par le delta du Rhône ; dans le nord s’élèvent les Alpilles ; entre le Petit et le Grand Rhône, séparés à Arles, s’étend la Camargue. Dans l’Est du département, le relief s’élève et forme les premiers contreforts des Alpes : montagne Sainte-Victoire, chaînes de la Trévaresse, de l’Étoile, de l’Estaque et de Vitrolles…

entreeL’agriculture repose principalement sur la viticulture et le maraîchage, surtout dans le bassin d’Aix-en-Provence, mais la pratique de l’élevage est aussi répandue : ovins, taureaux et chevaux dans le parc naturel régional de la Camargue. On exploite de la bauxite aux Baux-de-Provence, au Nord d’Arles, et du lignite à Gardanne, au Nord de Marseille. Une centrale hydroélectrique est implantée à Saint-Chamas et une centrale thermique à Gardanne, tandis que Cadarache abrite un centre d’études nucléaires. La pêche reste aussi une activité intéressante dans les nombreux petits ports éparpillés sur le littoral et autour de l’Etang de Berre…

Ce département possède de nombreux sites industriels, les plus importants étant localisés sur le littoral et autour de Marseille (agroalimentaire, haute technologie) alors que les Universités et grandes écoles soutiennent ces activités. Enfin, le tourisme est particulièrement développé sur la côte méditerranéenne : Port-Camargue et Saintes-Maries-de-la-Mer figurent parmi les stations balnéaires les plus fréquentées, mais également à l’intérieur des terres Arles, Tarascon, Saint-Rémy-de-Provence pour ne citer qu’eux.

Je me suis installé en 1986 à MARTIGUES, la Petite Venise Provençale et suis resté presque quatre ans dans ce département. Brutalement, la première impression qui me revient  très souvent…reste simple mais m’émeut encore aujourd’hui : Peu chère, tu vis autrement en Provence, c’est le soleil et le tempérament très décontracté de cette population multiple mais pourtant méditerranéenne.

Tous les jours un autre site au départ de la seule île de Provence :Martigues

photo-martigues

La réunion de trois localités, de Jonquières, l’Ile et Ferrières, établies en ces lieux depuis le Haut Moyen Age, s’unissent en 1581 pour prendre ce nom de Martigues. Naguère ce site de pêcheurs, situé au bord de l’étang de Berre et relié directement à la « Grande Bleue » par le canal de Caronte, a vu le complexe pétrolier Lavéra-Etang-de-Berre altérer son environnement mais par contre également engendrer son extension considérable. Pour moi personnellement, Martigues restera un lieu très à l’aise dans le milieu littéraire et artistique. Un élégant ouvrage, le viaduc autoroutier de Caronte, a été ouvert à la circulation en 1972 et enjambe le canal du même nom. D’une longueur de 300 mètres, ce pont présente un tablier métallique suspendu à  50 mètres au-dessus du canal et est supporté par deux béquilles inclinées. Si vous passez par la petite Venise Provençale, n’oubliez surtout pas d’apprécier les quartiers, de Ferrières avec son merveilleux quai où flottent les barques de vieux pêcheurs, l’île Brescon avec son canal de Saint-Sébastien, puis déguster les glaces sur les terrasses  extérieures à Jonquières.

A la sortie de Martigues en direction de Marseille, au grand carrefour, prenez à droite en direction du Centre Hospitalier, puis aussitôt après le sommet de la montée, de suite à droite, tourner dans un chemin revêtu qui vous conduit à la merveilleuse chapelle Notre-Dame des Marins.

Je vais en premier vous emmener dans la chaîne calcaire des Alpilles, prolongement géologique du Lubéron qui s’élève au cœur de cette Provence où les cigales chantent à vous enivrer. C’est ici qu’Alphonse Daudet place l’entrainement alpestre de Tartarin. Ce circuit part de St-Rémy de Provence, ville spécialisée dans la production et le commerce des graines florales et potagères qui doit sa célébrité à ses monuments romains : Le Mausolée et l’Arc Municipal et surtout, à ne pas louper, les Ruines de Glanum. Deux personnages célèbres ont marqué St Rémy particulièrement : Nostradamus né dans la rue Hoche et Caroline de Monaco qui après son veuvage avec Raphael Cassighari a séjourné ici en compagnie de son fidèle ami Vincent Lindon.

Nous quittons St Rémy au Sud Ouest par le chemin de Combette, puis à droite le vieux chemin d’Arles… nous apercevons une gracieuse maison de campagne du XVIème S. ornée de fenêtres, de frises et d’un balcon Renaissance appelée Tour du Cardinal. Nous bauxpartons vers les Baux de Provence. Un éperon dénudé, 900 m de long sur 200 m de large, qui se détache de ces Alpilles, bordés de deux ravins à pic, un château fort détruit et des vieilles maisons mortes, dressés sur ce roc aride : tel est le site*** du village de Baux, héritier déchu d’un fier passé. Les Seigneurs de Baux furent célèbres dès le XIème Siècle ; Mistral les a nommés :<<race d’aiglons, jamais vassale>>. Leur orgueil était si puissant que ces Seigneur allèrent jusqu’à remonter leur ascendance jusqu’à Balthazar, l’un des trois Rois Mages. Raymond Ier de BAUX accompagna Raymond de SAINT GILLES, Comte de TOULOUSE en Palestine lors de la Première Croisade. Mais Raymond changea sa position après son union avec Etiennette de Provence, la sœur utérine de Douce, l’épouse depuis 1112 de Ramon Bérenger III le marquis de Provence. Cette facon de faire du Seigneur de Baux explique largement l’opinion de Mistral. Mais il faut également se situer dans le contexte où ces Seigneurs de Baux comptaient soixante dix neuf villes et bougs sous leur dépendance, et portaient des titres de Prince d’Orange, de Vicomtes de Marseille, d’autres étaient très liés aux Princes Capétiens d’Anjou qui seront d’ailleurs faits Comtes d’Avellino, puis duc d’Andria. Mais on ne raconte pas l’Histoire des Seigneurs des Baux aussi facilement car beaucoup  de faits  gravitent autour de cette saga historique : L’Amour , La Religion, La Provence, La Fierté… Les principales curiosités du village restent l’Ancien Hôtel de Ville du XVIIème S. ; la seule entrée datant de jadis de cette ville qui se nomme la porte Eyguières ; l’église Saint Vincent datant du XIIème siècle qui est flanqué sur le côté gauche d’un gracieux campanile << la lanterne des Morts >>. Lors de la messe de Minuit, chaque année, on célèbre ici la Fête des Bergers qui attire ici une foule considérable.  Les anciens fours banaux où les habitants venaient y cuire leur pain …

Un quart d’heure à pied, vous arriverez aux Aqueducs de Barbegal, ruines imposantes gallo-romaines jumelées ; l’un bifurquant à l’Ouest alimentait Arles, l’autre actionnait une vaste meunerie hydraulique construite sur le flanc Sud de la colline. En poursuivant la Départementale 33  nous arriverons au fameux Moulin d’Alphonse Daudet, un vrai pèlerinage littéraire sur cette route bordée de pins parasols magnifiques jusqu’au moulin de ce conteur de Provence. De cet endroit calme, la vue s’étend sur les Alpilles, les châteaux de Beaucaire et de Tarascon, la large vallée rhodanienne, l’abbaye de Montmajour.

Notre retour se fera par Fontvieille lié au souvenir de Daudet ainsi qu’à l’extraction de la pierre d’Arles et nous remonterons par la D5 sur Saint-Rémy, non sans ignorer les Rochers d’Entreconque (anciennes carrières de bauxite) ainsi que le Panorama de la Caume à 387 mètres de haut, pour rejoindre très rapidement Martigues. Ce circuit de 112 km nous a pris une dizaine d’heures.

Autre jour, autre découverte, de Martigues nous prenons la direction de Fos-sur-Mer vers Arles pour découvrir la Camargue, cette plaine, située dans le delta du Rhône, qui est sans doute la région de Provence dont l’originalité est la plus marquée. C’est une grande étendue de terres plates, d'une superficie d'environ 100 000 ha, dont la plus grande partie est sauvage, trop marécageuse et saline pour être cultivée. De grands domaines d'élevage de bovins, dont les taureaux noirs pour la tauromachie, et de chevaux laissent la place dans le Nord, là où les terres sont moins salées, à la culture du riz sous irrigation. Celle-ci a connu un fort développement depuis la Seconde Guerre mondiale, mais a décliné depuis une vingtaine d'années. La Camargue est un paradis naturel pour les espèces sauvages. On y trouve des troupeaux sauvages de chevaux blancs de race camarguaise et des oiseaux (flamants, aigrettes et ibis). Le Parc Régional de Camargue, créé en 1970, couvre quelque 82 000 ha. Bon nombre de ses lagunes, tel l'étang de Vaccarès, sont aussi des réserves naturelles.

Au cœur de la Camargue, Les Saintes-Maries-de-la-Mer, centre touristique et petit port de plaisance. Ses arènes accueillent des corridas. Depuis quelques temps déjà, la ville est également un centre de pèlerinage, notamment pour les Gitans. Selon la tradition, Marie-Jacobé, sœur de la Vierge, Marie-Salomé, mère des apôtres Jacques le Majeur et Jean, Lazare (le ressuscité) et ses deux sœurs Marthe et Marie-Madeleine, Maximin et Sidoine, ainsi que la servante noire des deux Marie, Sara, chassés de Judée sur une barque sans voile ni rames ni vivres, auraient abordé sur le littoral à l'emplacement actuel de la ville. Les disciples du Christ se séparèrent : Marthe évangélisera Tarascon, Marie-Madeleine continuera sa pénitence à la Sainte Beaume pendant trente trois ans, Lazare sera l’Apôtre de Marseille tandis que Maximin et Sidoine répandront la parole divine à Aix en Provence. Les deux Marie et Sara restèrent en Camargue et lorsqu’elles meurent, leur tombeau devint un lieu, en mai et en octobre, où des pèlerinages accueillent une foule nombreuse. Celui du 24 et 25 mai pour la fête de Marie Jacobé est surtout fréquenté par les Gitans qui viennent de tous les pays, et qui, tous les trois ou quatre ans, élisent leur Reine dans leur lieu très vénéré. Marie Jacobé et Marie Salomé sont menées en procession à la mer, portées par les gitans, entourées de la foule des fidèles, des arlésiennes, des gardians en costume traditionnel et des pèlerins du monde entier et  bénies par l’Evêque. Pendant ces deux jours, offices et prières se succèdent dans l’église. Mais ce sont également des journées de retrouvailles
Roms, Manouches, Tsiganes et Gitans viennent des quatre coins d’Europe et même d’autres continents pour vénérer Sainte Sara. Ils s’installent dans les rues, sur les places, au bord de la mer. Pendant huit à dix jours, ils sont ici chez eux et la plupart des enfants sont baptisés dans l’église des Saintes.
Cette église du XIIe siècle se présente en extérieur comme une forteresse, la chapelle haute formant un véritable donjon et renfermant un puits en cas de siège. Dans la crypte sont conservées les reliques de Sainte Sara, tandis que celles des deux Saintes Marie sont dans la chapelle haute.

Le Musée Baroncelli, installé dans l’ancienne Mairie, rassemble de nombreux documents sur la Camargue, recueillis par le Marquis Folco de Baroncelli, authentique manadier qui a remis en vigueur les traditions camarguaises.

Un détour obligé nous conduira exceptionnellement dans le Gard (30) d’abord à Saint Gilles qui est la porte de la Camargue à l’importante activité agricole, où on vénère l’ermite à la biche plutôt connu sous Saint Gilles. Cette ville fut jadis également l’extrême limite du Comté du fameux Raimond VI, Comte de Toulouse, dans laquelle il reçut du légat papal Pierre de Castelnau les exigences du Saint-Siège  à l’encontre de ses sujets hérétiques. A la sortie de l’abbaye, le représentant du Pape est assassiné par un écuyer du Comte ; Innocent III excommunie aussitôt Raimond VI et fait prêcher la croisade. Surtout arrêtez vous devant cette église qui est et restera selon moi par sa façade un magnifique ensemble sculpté nous ramenant au Moyen-Age.

Mon lien à l’encontre du Roi capétien Louis IX m’attire vers ce mélancolique paysage du aiguesmarais, Aigues-Mortes. Les longues courtines et les grosses tours de son enceinte me rejette en 1240 en quelques secondes. C’est à cette date que le Roi de France projetant de conduire une Croisade en Palestine cherchait à acquérir un point  de la côte où il serait possible d’embarquer. Ce terrain appartenait aux moines de l’abbaye de Psalmody. La ville fut fondée au XIIIe siècle par le Roi de France et qui lui servit de base de départ pour la septième croisade en 1248 et la huitième en 1270.La plupart de nous connaisse la fameuse flotte d’Aigues-Mortes de 1248, trente huit nefs, affrétées à Gènes, sont rassemblées dans ce port et relié à la mer par un étroit chenal, le Grau Louis. En 1418, pendant la guerre de Cent Ans, les Bourguignons s'emparèrent de la ville ; elle fut reprise par les Armagnacs, qui tuèrent un si grand nombre d'adversaires, surpris dans leur sommeil, qu'ils durent saler leurs corps pour en éviter la pourriture en attendant de pouvoir tous les inhumer. Les canaux menant à la mer s'ensablant progressivement, la ville déclina. Elle fut l'une des places de sûreté accordées aux protestants après les accords accompagnant l'édit de Nantes. La création du port de Sète acheva de ruiner l'économie de la ville au XVIIe siècle.      Inutile d’être  féru d’Histoire, prenez vous une journée entière et visitez ce lieu en commençant  par la Tour de Constance et les remparts.

La nuit est tombée sur Aigues-Mortes, en passant par la porte de la Gardette, un dernier coup d’œil en me retournant me fait apparaître de loin la statue de Saint Louis érigée en 1849 et qui reste l’œuvre de Pradier. Vous avez remarqué que sur mon parcours, je me retrouve constamment en présence de ce grand Capétien, sa naissance et baptisé à POISSY (78), son départ en Croisade ici dans la Gard… mais n’oubliez pas que son épouse Marguerite est une fille de cette région car elle est l’aînée des quatre filles de Raymond Bérenger V, ce Catalan, héritier d’une Provence déchirée et de Béatrice de Savoie. Au retour, mon rêve me porte dans deux livres : Raymond Bérenger V  de cet ancien élève de l’Université d’Aix-Marseille I, Thierry Pécout et Les Demoiselles de Provence, roman de l’arlésien Patrick de Carolis, actuel Président de France Télévision, ancien présentateur de <<Des Racines et des Ailes>>.

Ce songe m’amènera le lendemain vers l’Est de cette Provence, Aix-en-Provence, chef-lieu inclus dans l'agglomération de Marseille en 1990, situé au Nord de la chaîne de l'Étoile, dans le bassin qui est drainé par la rivière de l'Arc.

Comprendre par l’histoire : En 123 av. J.-C., une colonie romaine, baptisée Aquae Sextiae d'après le nom de son fondateur le consul Caïus Sextius Calvinus et en raison de la présence de sources thermales, s'installa sur le site de la ville actuelle. Archevêché au VIe siècle, puis capitale du Comté de Provence, elle connut son apogée sous Le Bon René d'Anjou (XVe siècle). Aix fut rattachée à la France en 1501, lorsque Louis XII y établit le parlement de Provence.

 Les paysages urbains de l'agglomération d'Aix-en-Provence couvrent aujourd'hui une très grande superficie. L'aire urbaine d'Aix s'étend du delta de l'Arc, à l'Ouest, à la Sainte-Victoire à l'Est, et à la Durance au Nord. Au Sud, le périurbain aixois se surimpose à celui de Marseille. Au total, elle rassemble environ 250 000 habitants. La population de l'agglomération a fortement augmenté depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, plus de 3 % par an entre 1960 et 1980, ce qui est un record national, conséquence de l'arrivée de flux migratoires venant de toutes les régions françaises et de l'étranger. On identifie aisément plusieurs strates d'habitat, du centre à la périphérie. La vieille ville a une forme d'amande (l'ovale) ceinte par le boulevard circulaire qui remplace les remparts détruits à la Révolution. Espace central de promenade et de loisirs bordé de remarquables hôtels d'époque baroque et classique, le cours Mirabeau, datant du milieu du XVIIe siècle, est un trait rectiligne qui coupe la vieille ville en deux parties. Au Nord se trouve la ville médiévale, dont le bâti et la trame des voies ont été profondément transformés à l'époque classique ; au Sud, le quartier Mazarin, construit aux XVIIe et XVIIIe siècles, que signalent de très beaux hôtels particuliers et dont les rues dessinent un plan en damier. À l'Ouest, l'autoroute vers Lyon et Sisteron, véritable coupure urbaine, limite la vieille ville. Celle-ci a été en grande partie réhabilitée : restauration des vieux immeubles ; réfection des places (celle du cours Mirabeau en voie d'achèvement en 2002) ; aménagement des fontaines. Au cœur de la vieille ville, la cathédrale Saint-Sauveur retrace, dans ses pierres, l'histoire d'Aix car son architecture révèle le réemploi des matériaux et les différentes époques de sa construction (fondations d'époque romaine ; baptistère du Ve S. ; nef du XIIe s., nef principale du XIIIe, XIVe et XVe s.). Le cloître est un joyau de l'art roman.

    La ville contemporaine (édifiée entre le XIXe s. et la première moitié du XXe s.) est représentée par les faubourgs situés à la sortie des routes greffées en radiales sur le boulevard circulaire. C'étaient encore, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, des quartiers industriels et ouvriers, par contraste avec les quartiers anciens du centre-ville peuplés de couches moyennes et supérieures. L'industrie les a aujourd'hui désertés pour les zones industrielles de périphérie, laissant la place à des friches industrielles en voie de requalification urbaine : opération d'urbanisme de Sextius-Mirabeau, dont l'objectif est la création d'un nouveau centre-ville à l'Ouest du cours Mirabeau. Dans la seconde moitié du XXe siècle, de nouveaux quartiers de collectifs de taille moyenne ont été édifiés (notamment la zone d'aménagement prioritaire d'Encagnane dans les années 1960 et la zone d'aménagement concertée du Jas de Bouffan dans les années 1980 qui rassemblent plus de 30 000 habitants). Des zones industrielles et commerciales ont été construites en périphérie et forment une aire très étendue dans la vallée de l'Arc, depuis le pont de l'Arc, à l'Est, jusqu'au plateau de l'Arbois à l'Ouest (aqueduc de Roquefavour), dans des lieux jadis occupés par des grandes propriétés agricoles et résidentielles (les bastides aristocratiques de la campagne aixoise).

 

 L'économie d'Aix-en-Provence a connu une mutation totale. La ville, qui a longtemps vécu en communion étroite avec sa campagne, n'a pas bénéficié de la révolution industrielle et a refusé la ligne de chemin de fer Paris-Marseille. Elle est aujourd'hui une étape (gare de l'Arbois) du T.G.V. Méditerranée, future interconnexion vers la Côte d'Azur. Les entreprises de la nouvelle économie technologique sont attirées par la beauté du cadre, par la proximité de l'étang de Berre, du port de Fos-sur-Mer, par le remarquable réseau autoroutier (vers Paris, Toulon, Nice, Marseille et l'aéroport de Provence), par l'architecture aixoise et la qualité de la vie en centre-ville. L'agglomération accueille dans de nombreux parcs industriels des activités d'informatique, d'électronique, de recherche, de création et d'innovation dans la vallée de l'Arc, de l'Arbois à l'Ouest, aux Milles et à Peynier-Rousset à l'Est. La présence des trois universités (lettres, sciences, droit), de laboratoires d'influence internationale (Maison méditerranéenne des sciences de l'homme), de la cour d'appel, de la cour d'assises, du rectorat, du commandement de la Région aérienne et de différents services administratifs et culturels lui donne un rôle de plus en plus important dans le tertiaire de gestion et d'encadrement, qui tend à rivaliser avec celui de Marseille.

photo1La ville d'Aix conserve cependant l'image de culture et d'art qu'elle a reçue de l'époque classique. En témoignent : les hôtels et les églises de la vieille ville, les fontaines, les places fermées par des façades d'immeubles décorées de chapiteaux et colonnes d'époque Renaissance, baroque ou classique, les musées (musée Granet), les festivals (festival international d'art lyrique), l'atelier Cézanne. L'art urbain atteint à Aix-en-Provence une sorte de perfection qui confère aux espaces et aux ambiances des rues et des places une grande poésie. Le patrimoine sous-tend un fort développement touristique. Les flux sont particulièrement intenses en été car la cité, étape presque obligatoire sur l'axe Paris-Côte d'Azur, est, en outre, au centre de « pays » dont les paysages sont très attractifs (le Luberon, les Gorges du Verdon, la Crau et la Camargue, les calanques de Marseille à La Ciotat, les massifs de la Sainte-Victoire et de la Sainte-Baume).                               

0Un poète Frédéric Mistral une œuvre et son action.

Le poète d'une idée de la Provence. Frédéric Mistral (1830-1914) a consacré sa vie d'homme et voué son œuvre d'écrivain à cette région qui l’a vu naitre à Maillane, d'une famille de paysans aisés, le jeune Frédéric reçut l'éducation d'un fils de famille et passa sa licence en droit à Aix-en-Provence. Pour illustrer et défendre son idée, il a élaboré ce que ses disciples ont appelé « la doctrine mistralienne », d’ailleurs assez fluctuante pour que des familles d'esprit fort différentes aient pu se réclamer de lui. Quel que soit le jugement porté sur l'influence intellectuelle de Mistral, une chose est assurée : il a pris place parmi les grands poètes de l'humanité.

Quand Lamartine, dans son quarantième Entretien du Cours familier de littérature, rendit célèbre Mistral, il avait vingt-neuf ans. « Un grand poète épique est né », « un vrai poète homérique », s'écriait Lamartine. « Nous ne te demandons d'où tu viens ni qui tu es : Tu Marcellus eris », ajoutait-il, après avoir parlé du « poète villageois de Maillane », ce qui correspondait parfaitement aux idées du Lamartine d'après 1848 et du « romantisme du peuple ». En réalité, si Lamartine ne se trompait pas sur le caractère épique de Mirèio, il se trompait sur le poète villageois. Mistral était déjà ce qu'il voulait être : le poète d'un peuple.

Dans Mes origines, mémoires et récits (Moun espelido, memòri e raconte, 1906), il dira comment sa double vocation, provençale et poétique, est née du sentiment de la déchéance d'un peuple qui rougit de parler sa langue naturelle ravalée au rang de patois. S'il déclare, aux premiers vers de Mirèio, qu'il ne chante que pour les pastre e gènt di mas, c'est parce que ce peuple est son peuple : le peuple de Provence. Son œuvre aurait pu n'être que revendicative mais Mistral avait reçu en don le génie poétique. Ce don, il le manifesta magnifiquement dans Mirèio, d'abord (1859), épopée de la Provence rhodanienne, puis dans Calendal (1867), épopée de la Provence maritime et montagnarde, dans Nerto (1884), nouvelle épique où revit la Provence du temps des papes d'Avignon, dans La Reine Jeanne (La Reino Jano, 1890) qui tient plus de l'épopée que de la tragédie, aussi bien que dans ses deux chefs-d'œuvre lyriques Les Îles d'or (Lis Isclo d'or, 1875) et Les Olivades (Lis Oulivado, 1912) et dans ce singulier Poème du Rhône (Lou Pouèmo dòu Rose, 1897), probablement son chef-d'œuvre le plus pur.L'œuvre poétique de Mistral ne se sépare pas de l'action : lui-même a voulu que ses poèmes soient des actes pour la défense de la Provence. Avant même la parution de Mirèio, il avait participé aux congrès d'Arles et d'Aix pour la rénovation de la langue et des lettres d'oc. En 1854, il fonda, à Font-Ségugne, le félibrige avec six autres jeunes poètes :Roumanille, Aubanel, Brunet, Giera, Mathieu et Tavan. Directement ou indirectement, Mistral, toute sa vie, s'occupa du développement du félibrige qui s'étendit rapidement à toutes les provinces d'oc, jadis illustrées par les troubadours.

Mais son action s'étendit au-delà des limites de l'Occitanie car il lia des relations étroites avec la Renaissance catalane et s'efforça de créer une Union latine, avec une attention particulière pour la jeune Roumanie. Il présida avec Egger, Mila y Fontanès, les philologues Paris et Bréal, les Fêtes latines de Montpellier en 1875 où fut couronné le poète national roumain Vasile Alecsandri. Tout au long de sa vie, Frédéric doubla son œuvre de poète d'une œuvre de publiciste. Il écrivit de très nombreuses préfaces aux ouvrages de poètes et prosateurs en langue d'oc. Il fonda, à l'usage du peuple, l'Almanach provençal (Armana Prouvençau, 1855), inspira le journal l'Aîòli. Il créa également le Museon Arlaten destiné à recueillir les reliques attestant l'originalité de l'antique Provence. Pour illustrer sa langue d'une autre façon, il traduisit la Genèsi (1910). Mais surtout, il consacra une grande partie de son temps à l'élaboration du Tresor dòu felibrige (1878), somme des parlers d'oc, qui, à lui seul, eût suffi à remplir la vie d'un chercheur.

Les disciples de Mistral parlent d'une « doctrine mistralienne ». Le poète n'a jamais voulu condenser en un ouvrage ses idées philosophiques ou politiques. Le recueil des Discours e Dicho (1905) se contente de réunir les principaux textes prononcés en diverses occasions. La richesse même de son inspiration et la souplesse de son génie s'opposaient à une cristallisation idéologique à l'opposé de la vie. Il suffit de constater que des familles d'esprit les plus opposées se sont réclamées de lui. M. Decremps a salué dans Mistral « le mage de l'Occident » ; Robert Lafont a pu parler de « Mistral ou l'Illusion ». Quelque opinion que l'on ait du poète, de l'homme, de sa pensée, une chose est certaine : à partir d'une inspiration étroitement provençale, de l'amour porté à une terre et à une patrie idéalisée, à des hommes et des femmes incarnant cette terre et cette patrie, à partir d'un attachement au parler populaire dont il a fait le verbe par excellence de ces hommes et de ces femmes, Mistral a créé une poésie de portée universelle dont les traductions dans toutes les langues, du français au japonais, portent témoignage. C'est que, sans doute, comme l'a dit un admirateur italien de Mistral, cette poésie exprime « l'éternelle fraternité dont tous les hommes ont besoin ».

 

hitau_sainte-victoireA l’Est d’Aix en Provence s’étend la Montagne Sainte Victoire, massif calcaire qui culmine à 1011 mètres au pic des Mouches. Avant d’être immortalisée sur les tableaux de Cézanne, elle fut, en 102 av. J.-C., le témoin de la grande bataille que les légions de Marius livrèrent aux cohortes des Teutons se dirigeant vers Rome. Uniquement dans cet environnement il existe un circuit d’environ 75 kilomètres qui vous fera partir du Barrage de Bimont, à la Croix de Provence, au château de Veauvenargues puis au domaine du Capitaine Danjou. Pourquoi décrire dans le détail ce que seul la réalité peut apporter dans ce parcours pittoresque, ou de merveilleuses vues sont offertes à tous ceux qui admireront ce que « Le Créateur a fait de plus beau, il l’a fait en Provence ».

L’appellation de « La Sainte BEAUME » s’applique à une grotte et à une forêt. La grotte où se serait retirée Sainte Marie-Madeleine, a donné son nom à cet ensemble en provençal dit « baoumo », pèlerinage célèbre dans tout le midi et la forêt est magnifique et unique en France à certains titres. Ici se mélange la Légende et l’Histoire vers l’Humain et chacun ressentira à sa façon et selon sa Foi la beauté et la magie de cet endroit, mais sachez que cette grotte est en vénération dès les premiers siècles de notre ère. De nombreux Rois de France, les papes d’AVIGNON sont passés par là, pourquoi pas Vous ?

La Chaîne de l’Etoile sépare le bassin de l’arc et de l’Huveaune, elle appartient aux « Petites Alpes de Provence » et domine de façon spectaculaire la plaine de Marseille. Sur la route de Gardanne à Aubagne vous passerez à La Treille où dans le cimetière se trouve la tombe de Marcel Pagnol. Il est né, le 28 février 1895, à Aubagne, où son père était instituteur public. Mais c'est à Marseille qu'il passe son enfance et qu'il commence des études de lettres. La famille a cependant gardé des attaches dans la région d'Aubagne, et il passe toutes ses vacances dans les collines qui dominent le hameau de La Treille. Il a conservé, de ce temps et de ces lieux, un souvenir ébloui, qu'il fixera plus tard dans plusieurs volumes, et aussi un attachement profond pour les paysages et les gens de Provence. Les études de Marcel Pagnol s'achèvent à Montpellier avec une licence d'anglais. Il enseigne pendant quelques années, au cours desquelles il traduit Les Bucoliques de Virgile, et Hamlet. Au même moment, il écrit son premier roman, Pirouettes, qui ne paraîtra que quelques années plus tard. Ce petit livre, dont l'action se situe à Marseille, dans le quartier de la Plaine, et qui met en scène un personnage singulier, haut en couleur, manifeste un talent déjà sûr, plein de malice et de tendresse.

 L'année 1924 voit à la fois les premières tentatives de Marcel Pagnol comme auteur dramatique et ses débuts dans la vie parisienne. Ses deux premières pièces représentées, Les Marchands de gloire (1925) et Jazz (1926), reflètent une certaine mode « mélo » et ne laissent pas prévoir la prochaine éclosion d'un nouveau talent. Deux ans plus tard, Topaze connaît un véritable triomphe, bientôt dépassé par celui de Marius (1929). Dès lors, le succès de Marcel Pagnol ne se démentira jamais. En 1931, Fanny donne une suite à Marius. Mais le jeune auteur dramatique s'intéresse au cinéma. Il y fait ses débuts avec les adaptations de ses pièces en collaboration avec des réalisateurs professionnels. Après Marius (1931, Alexandre Korda) et Fanny (1933, Marc Allégret), il achève la trilogie par une œuvre directement écrite pour l'écran : César (1936), et il continue. Admirateur et ami de Jean Giono, il tourne Angèle (1934, d'après Un de Baumugnes) et Regain (1937). Puis, sur des scénarios de sa façon, La Femme du boulanger (1938) et La Fille du puisatier (1940). Élu à l'Académie française en 1946, il tourne encore quelques films d'un intérêt moins soutenu, comme La Belle Meunière (1948), Manon des sources (1952) ou Les Lettres de mon moulin (1954, d'après Alphonse Daudet). Pendant les vingt dernières années de sa vie, il revient à la plume, avec deux pièces de théâtre : Judas (1955) et Fabien (1956), et plusieurs volumes de souvenirs d'enfance, dont les deux premiers, La Gloire de mon père (1957) et Le Château de ma mère (1958), connaissent un immense succès.

L'essentiel du talent de Marcel Pagnol tient à deux qualités fondamentales : c'est un conteur savoureux, à la langue souple et imagée, mais c'est aussi, et peut-être surtout, un remarquable peintre de caractères. Cette dernière qualité lui a naturellement permis de créer quelques personnages inoubliables, au théâtre et au cinéma.

Salon-de-Provence, située à l'est du delta du Rhône, est un important marché agricole. L'industrie de l'huile d'olive et celle du savon sont présentes à Salon depuis le XVe siècle. Depuis 1936, l'École de l'air implantée dans la ville forme les officiers de l'armée de l'air. Le château de l'Empéri domine la ville. Cette ancienne résidence des archevêques d'Arles, commencée au Xe siècle, fut reconstruite aux XIIe et XIIIe, puis remaniée au XVIe siècle. Il accueille un Musée consacré à l'armée française. L'église Saint-Michel date du XIIIe siècle mais possède un beau portail du XIIe et de beaux clochers. La collégiale Saint-Laurent des XIVe et XVe siècles est de style gothique méridional. Elle renferme quelques œuvres d'art et le tombeau de Nostradamus. Dans l'ancienne maison de celui-ci, un Musée lui est consacré.

nostycompassNostradamus (1503-1566), physicien et astrologue français, auteur des Centuries astrologiques, célèbre recueil de prophéties publié en 1555. Les prophéties des Centuries se présentent sous forme de quatrains. Dans un langage évasif, ils décrivent des événements censés devoir se produire entre 1550 et la fin du monde, annoncée pour 3797 apr. J.-C. Né à Saint-Rémy de Provence, Michel de Notre-Dame, dit Nostradamus, reçut une éducation catholique. Il étudia la médecine à Montpellier et commença à exercer vers 1525. Très tôt, il se mit à soigner les personnes touchées par la peste dans les communautés du Sud de la France. Le succés de ses traitements inédits sur les malades les plus gravement atteints lui valut la réputation d'un guérisseur exceptionnellement doué.

Vers 1550, Nostradamus s'établit à Salon où il commença à rédiger ses prophéties. vers la fin de sa vie, on vint le consulter en grand nombre. Catherine de Médicis, Reine de France, lui demanda d'établir l'horoscope du roi Henri II, son mari, et de leurs enfants. En 1560, le roi Charles IX le nomma médecin de la couronne.

Au XVIe siècle, l'ingénieur Adam de Craponne, natif de Salon, fit construire un canal d'irrigation partant de la Durance. En 1518, Guillaume Craponne, le père d'Adam, commerçant, s'installe à Salon. Guillaume a 4 enfants, Adam naît en 1525, il est le deuxième fils. Instruit par les religieux de Salon, il se montre très tôt inventif et doué pour les mathématiques. Plus tard, il sera considéré comme le premier ingénieur de son siècle, génie qui s'affirme dans l'art militaire pour les fortifications, mais surtout dans le domaine de la conduite des eaux. En marge de la carrière militaire à laquelle sa famille le destine, une idée l'obsède : contraindre la Durance à irriguer le terroir salonais par la création d'un canal qui le relierait à l'étang de Berre. Adam de Craponne souhaite doter son pays d'une multitude de canaux qui permettront de compenser la rareté des pluies d'été et ainsi développer la culture de l'olivier, principale ressource du pays à l'époque.
Le
20 avril 1559, le canal de Craponne est inauguré. Toute la population de Salon est présente pour saluer dignement son bienfaiteur. La mort d'Adam de Craponne, en 1576, restera toujours un mystère. Il aurait été empoisonné par des ingénieurs italiens jalousant son génie et sa popularité auprès des Nobles, près du lac de Grand-Lieu, au Sud de la Loire, alors qu'il se préparait à consolider les fortifications de Nantes en vue d'établir un nouveau canal, appelé par le roi Henri III l'année d'avant. Son ouvrage, complété après sa mort, étend aujourd'hui encore ses ramifications au-delà du pays natal, vers Saint-Chamas, Eyguières et même jusqu'à Arles. Adam de Craponne aura vécu 50 ans.

Au XVIIe siècle, Colbert développa l'industrie de l'huile d'olive à Salon. En 1909, la ville subit un violent séisme qui causa des destructions importantes et fit plusieurs morts.

Ayant vécu 24 heures sur 24, pendant vingt deux mois, dans cette cité dans laquelle j’ai fait la connaissance de personnalités très chaleureuses et très humaines, dont la plupart sont parties aujourd’hui sur l’autre rive, dans l’émotion de ce récit, je peux vous avouer que Salon de Provence me tient autant à cœur que ma ville natale de mon Alsace.

Istres, située à l'Ouest de l'étang de Berre et au Sud de l'étang de l'Olivier est une base aérienne militaire et accueille l'École de l'Armée de l'Air. Le Musée présente des collections liées à l'histoire locale (archéologie sous-marine, préhistoire). Aérodrome militaire du début du XXe siècle, la base d'Istres vécut les débuts de l'aviation avant la Première Guerre Mondiale. Elle fut transformée et agrandie en 1917 avec la création de l'École d'Istres et occupait alors 70 ha. Une base d'essais s'y installa dans l'entre-deux-guerres. Aujourd'hui, le terrain compte 2 031 ha. Au nord de la ville, l’oppidum gréco- ligure du Castellan domine l’étang de l’Olivier.

 

 

Saint Mitre les Remparts, situé à l’écart de la route, conserve des remparts du XVème siècle percées de deux portes alors qu’un lacis de petites rues mènent à l’église d’où l’on jouit d’une vue splendide sur l’étang d’Engrenier. Non loin de là se trouve le site archéologique de Saint-Blaise.

Voilà la journée est achevée… mais avant de rentrer sur Martigues, rebroussons notre chemin en longeant d’Istres, l’Etang de Berre pour nous rentre à Miramas–Le-Vieux, bourgade bâtie sur une table rocheuse qui a conservé son enceinte et les ruines d’un château du XIIIème siècle. Là-haut vous pourrez dégustez les plus grandes glaces au parfum et goût très variés ; qualité et quantité sont ici du premier choix, amateurs s’abstenir.

Pour finir cette description sur les Bouches du Rhône, j’ai réservé pour vous le prestige de pharoce département, la merveilleuse ville de MARSEILLE, fondée par des Grecs de Phocée (Ionie), Massalia fut longtemps considérée, mais de manière paradoxale car c'était une ville sans antiquités, comme la plus ancienne ville de France. Ce n'est plus vrai aujourd'hui. Marseille, qui vient de fêter avec éclat ses deux mille six cents ans d'histoire, a renoué avec les vestiges de son passé antique en retrouvant, sous les terrains situés derrière la Bourse et près de l'hôtel de ville, une partie du port antique, des quais, des entrepôts et des épaves de navires. Ces découvertes spectaculaires s'ajoutent à celles qui ont été faites depuis les années 1970 sur les remparts de la ville. Confrontées aux sources littéraires, ces données nouvelles permettent de suivre le développement de la cité phocéenne, de sa fondation au début du VIe siècle avant notre ère jusqu'à la fin de l'Empire romain. Sous le règne du roi Tarquin, des jeunes gens venus de Phocée en Asie abordèrent à l'embouchure du Tibre et firent alliance avec les Romains. De là, continuant leur navigation, ils allèrent jusqu'aux golfes les plus éloignés de la Gaule et y fondèrent une ville au milieu des Ligures et des peuplades sauvages des Gaulois. Pour se défendre contre leur férocité ou attaquer à leur tour ceux qui les avaient attaqués les premiers, ils multiplièrent les exploits.  Racontant la fondation de Marseille, d'après l'œuvre de Trogue-Pompée - un historien d'époque impériale originaire de Vaison-la-Romaine -, Justin (IIe siècle apr. J.-C.) souligne deux aspects majeurs des débuts de la cité phocéenne : ses difficultés dans un environnement hostile et sa fidélité à Rome. Cet enseignement est souvent négligé, car l'attention se porte sur la belle légende que rapporte ensuite Justin. Après leur visite à Tarquin l'Ancien - roi de Rome de 616 à 579 avant J.-C. selon Tite-Live -, les Phocéens débarquent sur le territoire des Ségobriges. Leur roi, Nann, prépare les noces de sa fille. « Il se disposait selon la coutume de sa nation à la donner à celui qu'elle choisirait librement pendant le festin. » Le père commande à Gyptis d'offrir l'eau à celui qu'elle veut pour mari. « L'Aiglonne » choisit parmi une cour de soupirants l'invité de la dernière heure : Protis. Le bel étranger, dont le nom signifie « le Premier », obtient de son royal beau-père un terrain pour bâtir une ville. Massilia est née.

 Athénée, au IIIe siècle après J.-C., raconte la même histoire en citant le philosophe Aristote qui rédigea un traité sur la constitution des Marseillais. Au cours d'un repas nuptial, Petta, fille de Nannos, distingue Euxénos le Phocéen en lui présentant une coupe de vin mêlée d'eau. Voyant dans ce geste l'expression de la volonté divine, le roi accepte cette union. Les noms ont changé, mais le rituel est le même : une princesse se donne un époux au cours d'un banquet rassemblant ses prétendants. Attestée dans de nombreux récits d'origine indo-européenne, de la Grèce à l'Inde, cette tradition recouvre sans doute une part de vérité. Elle éclaire des pratiques liées à la colonisation phocéenne. Fondée sur l'emporia - le commerce maritime à longue distance -, celle-ci implique une bonne entente avec les rois indigènes, comme Tarquin à Rome ou Arganthonios en Ibérie. Entre ce souverain de Tartessos, désireux d'ouvrir son royaume sur le monde, et les marchands phocéens, les échanges se font, au témoignage d'Hérodote, sur le mode du don et du contre-don dans un climat de confiance. Le mariage de la fille du roi Nann rappelle par ailleurs que l'aventure coloniale grecque est souvent inséparable d'unions avec des femmes indigènes.

Dans la Géographie, Strabon raconte que, au moment où les Phocéens quittaient le rivage de leur patrie, « une parole fut entendue qui leur disait de prendre pour leur navigation un chef auprès de l'Artémis d'Éphèse ». Ce sera Aristarqué, une des femmes les plus en vue de la ville. Elle a rencontré en songe la déesse qui lui ordonne d'accompagner les Phocéens en emportant les objets sacrés de son culte. Au terme de leur expédition, les colons bâtissent un sanctuaire en l'honneur d'Artémis. Aristarqué en est la prêtresse. Strabon conclut : « Dans toutes les colonies de Massalia, on vénère Artémis par-dessus toute autre divinité et on conserve à son idole la même attitude et à son culte les mêmes rites que dans la métropole. »

 Un tel récit, dont le motif principal, d'inspiration religieuse, recoupe celui d'autres récits de fondations coloniales grecques, n'est pas conciliable avec le roman de Gyptis. Pour les accorder, on a proposé de rattacher la notice du géographe, non pas à l'arrivée des premiers colons, mais à l'installation de réfugiés venus de Phocée, après la prise de contrôle de leur ville par le pouvoir perse en 546. L'arrivée de fugitifs phocéens a dû certainement provoquer de grandes transformations ; mais cela ne suffit pas à assurer l'idée d'une seconde fondation.

De la légende vers la réalité. Le site primitif de Massalia est celui d'une calanque bien protégée de la houle. Les versants des collines orientés au Sud, à l'abri des vents du Nord-Ouest, dominent directement la baie du Lacydon, où se jetait un petit fleuve côtier (talweg suivi approximativement par la Canebière aujourd'hui). Sur le sommet des collines, des temples sont édifiés par les Grecs, puis par les Romains. Le mur d'enceinte hellénistique (Ier siècle avant J.-C.), dont les vestiges sont visibles dans le jardin du Centre Bourse, épouse les courbes de niveau au bas de la pente. Les entrepôts du port de commerce romain ont été construits au I er siècle après J.-C., sur les plages littorales, au pied de la butte des Moulins (occupée aujourd'hui par le quartier du Panier).

 Au Moyen Âge, un rempart enferme la vieille ville : au sommet de la butte, la ville haute, ou ville épiscopale ; la ville basse ou vicomtale, vouée aux activités de commerce, s'étendait autour du port (aujourd'hui le Vieux-Port). Au XVIIe siècle, les plaines alluviales des ruisseaux de Rome et de Longchamp qui se jetaient dans l'anse du Lacydon, marécageuses à l'époque antique, sont choisies comme site d'extension de la ville. Le plan des nouveaux quartiers, pour une ville dont la population a fortement augmenté aux XVIe et XVIIe siècles, est mis en œuvre, à partir de 1660, sur une trame orthogonale. La superficie de la cité est doublée. Un nouveau rempart, qui comprend dix portes s'ouvrant sur des voies radiales, est construit. Il s'appuie sur les forts Saint-Jean et Saint-Nicolas, constructions militaires de l'époque de Vauban, qui dominent toujours la ville et le Vieux-8Port. Celui-ci est désormais le point central de la cité. Au XVIIe siècle, un axe important Nord-Sud est créé, de la porte de Rome à la porte d'Aix. Il englobait le Cours, espace central de promenade à l'époque classique, sur lequel est plantée une double rangée d'arbres. Aujourd'hui, les cours Saint-Louis et Belsunce, de part et d'autre de la Canebière, en demeurent les témoignages patrimoniaux. Avec les rues en damier du centre-ville dessinées au XVIIe siècle, ils constituent les axes à fonctions centrales de Marseille.

Au XIXe siècle, la ville connaît un important développement économique et démographique. Les quartiers industriels et ouvriers s'étendent très largement au Nord-Ouest, en arrière du nouveau port de la Joliette, créé au milieu du siècle ; sur le littoral de la rade de Marseille, au Nord ; le long de la route vers Aubagne et Toulon, dans la vallée de l'Huveaune, à l'Est. Ces faubourgs, structurés autour des gares et des noyaux villageois, sont à dominante de couches sociales populaires. Dans la seconde moitié du XXe siècle, une grande partie des établissements industriels installés dans la ville (industries métallurgiques, chimiques, alimentaires et industries nées du commerce colonial du port) migrent vers la périphérie, laissant la place à des espaces en friches ou à des zones d'entrepôts en voie de requalification. Les grands ensembles ont comblé les interstices entre les noyaux villageois : construction de près de mille logements collectifs de 1950 à 1975. À partir de 1970, la ville s'étire jusqu'à 20 ou 30 kilomètres du centre. Les anciens terroirs agricoles du bassin de Marseille sont réduits à une peau de chagrin. Les collectifs et les pavillonnaires les submergent. De nouvelles centralités apparaissent autour des grands complexes commerciaux localisés près des autoroutes et des voies rapides (Plan de Campagne ; Saint-André ; Bonneveine ; la Valentine ; Aubagne). La banlieue accueille les zones industrielles et les technopôles (Château-Gombert et Luminy). Dans les années 1980, les communes périurbaines sont gagnées par l'urbanisation pavillonnaire, en lotissements le plus souvent. La périurbanisation sort même du bassin de Marseille et s'étale en nappe autour des villages. Elle suit l'axe des autoroutes de liaison urbaine vers Aix-en-Provence, Marignane, Toulon et Nice.

Croissance démographique et développement urbain.           L'évolution démographique depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, en deux phases contrastées, explique les mutations de l'espace urbain. De 1945 à 1975, la commune de Marseille a gagné 300 000 habitants environ, la moitié de la population des années 1950. Au milieu du XXe siècle s'amorce, en effet, une période de croissance économique marquée par de fortes créations d'emplois, qui ira s'amplifiant jusqu'en 1970. Elle détermine un afflux de population active venue de la France entière. S'y ajoutent les rapatriés d'Afrique du Nord. Enfin, des dizaines de milliers d'immigrés arrivent chaque année pendant cette période de forte croissance économique. À partir de 1975, Marseille est affectée par un puissant mouvement d'inversion démographique, très soudain. La population de la commune passe de 900 000 habitants en 1975 à 800 000 en 1990, et reste au même niveau en 1999. À la diminution de population semble succéder, depuis 1990, une stabilisation du peuplement, en partie liée à l'installation de familles monoparentales, d'étudiants et jeunes ménages et d'étrangers dans les quartiers centraux (logements vacants dans le parc immobilier ancien et logements réhabilités dans le cadre d'opérations d'aménagement concertées). La ville a connu, corrélativement, un profond brassage de population depuis les années 1960. La première conséquence est une recomposition sociale profonde, dans laquelle les familles issues d'Afrique, surtout du Maghreb, ont une place importante, ce qui a conduit à une multiplicité de références culturelles et religieuses. La seconde est l'accentuation de la segmentation socio-spatiale. Au Nord de la Canebière se trouvent les quartiers populaires : le parc de 80 000 logements sociaux abrite près de 250 000 habitants ; les taux de chômage y sont très supérieurs à la moyenne marseillaise ; le poids des étrangers et des familles issues de l'immigration récente est très élevé. Au Sud s'étendent « les beaux quartiers », qui regroupent 200 000 habitants. Les couches moyennes et supérieures y représentent plus de 50 % des actifs et des retraités. Les quartiers Est sont plus composites. L'hémorragie démographique de Marseille a pour cause, en premier lieu, le phénomène de périurbanisation, qui correspond à un nouveau mode d'habiter et de travailler. Dans le périurbain proche (correspondant au réseau de transports publics de la ville) et dans le périurbain éloigné (lié au réseau d'autoroutes urbaines), trois couronnes concentriques (à 10-15, 20-25 et 30-35 km du centre) peuvent être repérées sur le territoire de l'agglomération. L'aire urbaine de Marseille, délimitée par les migrations alternantes, comptait 1,4 million d'habitants lors du recensement de 1999. La seconde explication réside dans la crise industrielle qui frappe l'ensemble du département des Bouches-du-Rhône, et plus particulièrement Marseille.

Deux atouts pour le XXIe siècle : Le port marchand, qui s'étend de la Joliette à Fos-sur-Mer, demeure le premier port de la Méditerranée (trafic total de 90 millions de tonnes, dont 60 % de produits pétroliers, en 2000 ; trafic de conteneurs de 0,7 million d'E.V.P). Il induit des activités tertiaires multiples de gestion, de commerce et de transport, d'encadrement juridique, financier, d'hôtellerie et de restauration. En outre, le développement des loisirs de croisière favorise le trafic de passagers (1 600 000 passagers au total). Le port joue un rôle majeur dans l'économie tertiaire de la ville.

 Son dynamisme en matière de recherche scientifique et technologique. Marseille ambitionne de devenir la plus importante plate-forme de recherche de la Méditerranée. Elle compte actuellement plusieurs milliers de chercheurs regroupés sur des sites associant instituts universitaires et laboratoires de recherche scientifique, unités d'application et de transfert de technologie, établissements de création et d'innovation (mathématiques, informatique, robotique, intelligence artificielle, biotechnologie, recherches offshores, recherches médicales et génétiques). Elle abrite deux pôles technologiques, à Luminy, au sud, et à Château-Gombert, au Nord-Est de la ville. Le projet Euroméditerranée, dont les travaux sont largement commencés, vise à redonner à Marseille le rôle de métropole économique et culturelle rayonnant sur l'ensemble du bassin méditerranéen qu'elle avait au début du XXe siècle dans le cadre du système colonial. L'objectif est double : requalification des quartiers urbains très dégradés, hérités de la révolution industrielle et du système portuaire du XIXe siècle, au nord de la porte d'Aix et en arrière du port de la Joliette ; construction d'un nouveau pôle de bureaux destinés à accueillir des entreprises de commerce international, de recherche et d'innovation technologique et industrielle, de gestion des affaires, de création culturelle. L'amélioration du système de transport (arrivée du T.G.V.-Méditerranée en juin 2001 en gare de Marseille ; nouveau port de passagers de la gare maritime d'Arenc ; rôle majeur joué par l'aéroport de Marseille-Provence, 6 millions de passagers en 2000) devrait accroître les fonctions régionales et internationales de Marseille, tout à la fois vers l'Europe, avec laquelle elle est bien reliée par l'axe rhodanien, et vers la Méditerranée, avec laquelle elle a toujours eu des relations privilégiées.

 

Depuis le Vieux-Port, cœur historique de la ville, aujourd’hui abandonné à la plaisance, la cité s’étage sur les collines environnantes. Plusieurs forts protègent le port, dont les forts Saint-Nicolas et Saint-Jean datant du XVIIe siècle. Située sur une colline dominant la ville, l’église Notre-Dame-de-la-Garde (XIXe siècle), de style romano-byzantin, surmontée d’une statue dorée de la Vierge Marie, fait figure d’emblème de Marseille, tout comme la célèbre promenade de la Canebière, face au Vieux-Port.

 Marseille possède peu de vestiges de sa période antique, bien qu’elle soit considérée comme la plus ancienne ville de France. En effet, le site a subi d’importantes modifications tout au long de son histoire. À la fin des années soixante, des archéologues ont cependant découvert des portions des remparts hellénistiques. Sous la basilique Saint-Victor, construite au XIe siècle, se trouvent des cryptes datant du Ve siècle, et, aux Docks romains sont aujourd’hui visibles les vestiges en place d’un entrepôt de commerce datant de l’époque romaine.

Parmi les édifices religieux que compte Marseille, on peut encore voir l’église romane Saint-Laurent, l’église Saint-Ferréol (XVe siècle) ou la cathédrale de la Major (XIXe siècle). ifFace à la vieille ville, dans la baie, se trouvent plusieurs îlots (îles du Frioul) dont l’île d’If, site du château du même nom datant du XVIe siècle, ancienne prison d’État rendue célèbre par Alexandre Dumas dans son roman, le Comte de Monte-Cristo.

Marseille possède plusieurs musées remarquables. Le Musée d’Archéologie méditerranéenne, ou musée Borély, abrite de riches collections d’antiquités égyptiennes, tandis que le musée Cantini est consacré à la peinture du XXe siècle. Un Musée d’Art africain, océanien et amérindien et un Musée d’Archéologie méditerranéenne sont installés dans le centre de la Vieille-Charité (ancien hospice datant du XVIIe siècle), et le Musée des Beaux-Arts dans le palais Longchamp. Citons encore le Musée d’Art contemporain, le Musée d’Histoire de Marseille, le Musée du Vieux-Marseille, le Musée de la Marine ou encore le Musée de la Mode.

Marseille possède plusieurs grandes écoles (physique, pétrochimie, biologie) et universités (Luminy, Saint-Charles et Saint-Jérôme), qui en font un pôle universitaire important (90 000 étudiants pour Aix-Marseille), tourné vers les sciences, la recherche (la cité phocéenne est la deuxième ville scientifique de France avec 3 000 chercheurs dans les laboratoires publics) et les technologies de pointe.

Chaque année, la Foire internationale de Marseille attire près d’un million de visiteurs. Enfin, un portrait de Marseille ne serait pas complet, si l’on évoquait pas la véritable dévotion de ses habitants pour l’équipe de football locale, l’Olympique de Marseille (l’OM), et son stade, le Vélodrome, véritable « temple du football » qui peut accueillir quelque 60 000 personnes depuis les travaux effectués dans le cadre de la Coupe du monde de football de 1998.

Politiquement, la ville reste marquée par le souvenir de Gaston Defferre, maire de Marseille de 1953 jusqu’à sa mort en 1986.

Monsieur Gaston Defferre est né le 14 septembre 1910 à Marsillargues (Hérault), dans une famille protestante. Son père, avoué, le conduit à choisir des études de droit. Après le lycée de Nîmes, Gaston Defferre s'inscrit à la faculté d'Aix-en-Provence, où il obtient une licence de droit et un diplôme supérieur d'économie politique. Souci d'indépendance ? Il quitte à vingt et un ans sa famille pour Dakar, où il découvre l'Outre-Mer, qui jouera un rôle important dans sa carrière politique. Deux ans après, il adhère à la S.F.I.O. et mène une existence tranquille d'avocat, que l'on décrit tout à la fois comme « brillant et réservé ». 1941 marque un tournant important dans la vie de Gaston Defferre, car il devient « Élie » ou « Danvers », ses pseudonymes les plus usuels, pour diriger le réseau « Brutus ». Son engagement dans la Résistance est total ; membre du comité exécutif du Parti socialiste clandestin, Gaston Defferre prône la constitution d'un Conseil national de la Résistance. Ses responsabilités sont importantes. La veille de l'arrestation de Jean Moulin, il se trouve au côté du chef de la Résistance dans la région lyonnaise. À Londres, à Alger, il rencontre les dirigeants de la France libre, ceux qui auront en charge les destinées du pays après la Libération. Comme Jacques Chaban-Delmas à Bordeaux, Gaston Defferre va prendre le contrôle de cette grande capitale régionale qu'est Marseille dès la fin de la guerre. Dans un premier temps, Gaston Defferre s'empare du Petit Provençal. Il s'assure aussi la direction de la fédération S.F.I.O. des Bouches-du-Rhône. Nommé président de la délégation municipale, il devient maire de Marseille en 1944-1945. Mais la ville ne s'abandonne pas si facilement. Elle passe sous le contrôle des communistes et des gaullistes. Et ce n'est qu'en 1953 que Gaston Defferre redevient maire, grâce à une coalition de libéraux et de conservateurs qui voient en lui le « meilleur rempart contre le communisme ». Maire de Marseille jusqu'à sa mort, il ne conservera son fauteuil qu'au prix de combats homériques et d'alliances diverses.

Parallèlement, Gaston Defferre mène une carrière politique nationale brillante. Délégué à l'Assemblée consultative provisoire à la Libération, il siège comme député dans les deux Assemblées constituantes, en 1945-1946. Député socialiste des Bouches-du-Rhône en 1946, il sera constamment réélu jusqu'à sa mort, exception faite de 1958, où la vague gaulliste l'oblige à siéger au Sénat, de 1959 à 1962. Dès 1946, Gaston Defferre connaît les honneurs ministériels. Il est successivement secrétaire d'Etat à la Présidence du Conseil dans l'éphémère gouvernement Félix Gouin, puis sous-secrétaire d'État à la France d'outre-mer dans le cabinet Léon Blum (1946-1947), ministre de la Marine marchande dans les cabinets Pleven et Queuille (1950-1951 et 1951), et enfin ministre de la France d'outre-mer dans le gouvernement issu du Front républicain que dirige Guy Mollet. Gaston Defferre redevient ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation en 1981, avant d'être chargé du Plan et de l'Aménagement du territoire (1984-1986).Que ce soit en 1956 ou en 1981, Gaston Defferre s'attache à faire adopter de grands textes qui modifient en profondeur des situations complexes. En 1956, il élabore l'importante loi-cadre sur l'A.-O.F. (Afrique-Occidentale française) et Madagascar, une loi d'ouverture qui va favoriser la décolonisation. En 1981, il refuse la présidence de l'Assemblée nationale pour s'attaquer, cette fois, à la décentralisation. La tâche lui paraît telle qu'il aurait préféré n'être « que » ministre de la Décentralisation. Il assume pourtant la charge difficile de ministre de l'Intérieur avec une grande conscience, expliquant : « Chaque fois que le ministère de l'Intérieur a été confié à un socialiste, l'extrême droite s'est déchaînée. Rappelez-vous Salengro ou Mitterrand. Cela ne me gêne pas. Je reçois des menaces de mort. On m'envoie des balles par la poste. Cela m'est indifférent. » Gaston Defferre ne se laisse pas facilement impressionner, il est vrai. Têtu, l'homme dit ce qu'il a à dire, quelles qu'en soient les conséquences. Par deux fois, cela le conduira à se battre en duel, une fois au pistolet et une fois à l'épée contre un député gaulliste. Avec humour, il reconnaît : « Oui, pétardier, je l'ai été ! » À deux reprises, Gaston Defferre a brigué les plus hautes destinées de l'État. Sans succès. En 1963, L'Express lance Monsieur X. « Monsieur X, expliquent Georges Suffert et Jean Ferniot, a des orientations, ses amis ont des dossiers [...]. Il entretient de bonnes relations avec les notables mais se classe à gauche à la mode 1963 [...]. Il a un plan pour battre le général de Gaulle. » Mais ce plan, Monsieur X - Gaston Defferre - ne pourra pas l'appliquer, et c'est un personnage plus isolé qui mettra en ballottage le général de Gaulle, François Mitterrand. En 1969, ce dernier ne se représente pas et Gaston Defferre fait équipe avec Pierre Mendès France, son futur Premier ministre en cas de victoire, pour affronter Jacques Duclos, Alain Poher et Georges Pompidou. L'échec est total. Le tandem ne recueille que 1 133 222 voix, soit seulement 5,01 % des suffrages. Tirant les conséquences de la défaite, Gaston Defferre va peser de tout son poids pour permettre à François Mitterrand de prendre la tête d'un nouveau Parti socialiste. Au congrès d'Épinay, en 1971, il participe à la coalition qui voit les deux importantes fédérations des Bouches-du-Rhône et du Nord s'allier aux Jeunes-Turcs du C.E.RE.S. pour écarter Guy Mollet et Alain Savary et faire de François Mitterrand le premier secrétaire d'un P.S. rénové qui joue à fond la carte de l'Union de la gauche. « Quoi que vous disiez, quoi que vous fassiez, vous rassurez ! » observe François Mitterrand. Gaston Defferre rassure les électeurs centristes que peut inquiéter le Programme commun de gouvernement de la gauche. Il joue le jeu de l'union. Le Parti communiste n'oublie pourtant pas qu'en 1965 Monsieur X l'a qualifié d'« astre mort » quand il s'efforçait de constituer une grande fédération regroupant centristes et socialistes. Mais jamais Gaston Defferre n'esquissera une stratégie différente de celle de François Mitterrand, qui dit de lui : « Nous sommes amis, sans adjectif. » 

L'Union de la gauche s'arrête toutefois aux portes de Marseille. Un de ses fidèles, Émile Loo, explique : « À la Libération, ils [les communistes] étaient 40,34 % et nous 17,20 %. N'oubliez jamais ça pour comprendre Defferre. » Aux municipales de 1983, l'adversaire s'appelle Jean-Claude Gaudin. À l'issue du premier tour, le candidat de l'U.D.F. se voit maire de Marseille. Mais le vieux lion, qui paraît battu dans cinq circonscriptions sur six, parvient à se rétablir. À peine sauvé, Gaston Defferre se voit contesté dans ses rangs par ses camarades socialistes. Un de ses nombreux dauphins, Michel Pezet, prend le contrôle de la fédération des Bouches-du-Rhône. Le combat est haut en couleur, comme il convient à Marseille. Bousculades, injures, contestation sur le fichier des adhérents, tout est bon. Le 5 mai 1986, une nouvelle réunion donne à Gaston Defferre la possibilité de reprendre les rênes du pouvoir en faisant désigner son candidat comme premier secrétaire de la fédération. La réunion dure neuf heures. Le duel Defferre-Pezet est épique. Finalement battu, le vieil homme politique rentre chez lui dans la nuit. C'est là qu'une syncope le frappe. Il s'éteindra peu après, à l'hôpital de la Timone, dans le service du professeur Vigouroux, qui lui succédera peu après à la mairie de Marseille.

Deux personnalités à l’Honneur

avenueFernand Joseph Désiré Contandin (1903-1971) dit Fernandel débuta au music-hall comme enfant prodige avant de devenir un des rois du comique troupier. À cette époque, la décentralisation était effective : on pouvait devenir vedette à Marseille avant de recevoir le sacre parisien. Son numéro bien rôdé, Fernandel « monte » à Paris et débute à Bobino. Itinéraire désormais classique : il est remarqué par Mayol, qui l'engage dans une somptueuse revue. Le cinéma, par ailleurs, était en quête de talents nouveaux, sachant maîtriser - et servir - les nouvelles techniques du son. Fernandel offrait les qualités souhaitées, étayées par une solide formation de chanteur et de comédien. Il fit ses débuts dès 1930 aux côtés de Raimu dans Le Blanc et le Noir, et fut dirigé par Jean Renoir dans On purge Bébé (1931). Il tire parti de son physique ingrat de façon plutôt grinçante et s'impose très vite dans Le Rosier de Mme Husson en 1932. Il tourne alors une série de vaudevilles militaires très prisés du grand public de l'époque : Les Gaietés de l'escadron, Le Coq du régiment, La Garnison amoureuse, comédies qui ont pour principal mérite de lui faire croiser la route de Pierre Brasseur, de Raimu et de solides comédiens de complément. Marcel Pagnol lui propose alors de tourner une adaptation de Giono, Angèle (1934) : l'acteur évolue le plus naturellement du monde dans un contexte familier et réussit sa première composition dramatique, surprenante pour ceux qui s'obstinaient à ne voir en lui qu'un « comique provençal ». Ne pouvant par ailleurs décontenancer le public qui lui était fidèle, il persévéra dans le registre du comique naïf, tout en étant capable de s'adapter aux situations les plus incongrues. Il est à la fois légionnaire, roi de France, escroc, colonel, sans jamais perdre sa spontanéité ni sa scansion des mots si particulière.

chaise.360_391 Il va essayer ensuite d'atteindre un public qui le trouvait trop outrancier : il fait partie du somptueux générique de Carnet de bal (1937) de Julien Duvivier et poursuit sa collaboration avec Pagnol dans deux de ses meilleurs films : Regain (1937) et Le Schpountz (1938). Pendant l'Occupation, sa carrière ne connaît pas de temps morts ; il ne retrouvera pourtant de rôles intéressants qu'en 1945 avec Naïs - où sa composition, dans un rôle de handicapé, est hallucinante - et ne sera reconnu comme acteur « à part entière » que dans Meurtres de Richard Pottier (1950). À la même époque, Sacha Guitry réussit à le faire revenir au théâtre à ses côtés dans Tu m'as sauvé la vie, dont il tourne également l'adaptation cinématographique. Il aborde un nouveau tournant et devient un solide acteur de composition à l'instar de Raimu et de Harry Baur. Le temps des tourlourous est révolu, même si Fernandel veut continuer à divertir le public qui lui demeure fidèle : Le Petit Monde de Don Camillo, Don Juan et Ali Baba alternent avec La Table aux crevés et Le Fruit défendu, où il a des rôles dramatiques.

Avec l'avènement de la Nouvelle Vague et du système de production des années 1960, sa popularité s'effrite, et il se reconvertit dans la production en fondant avec Jean Gabin une firme, la « Gafer ». Néanmoins, il reste toujours très apprécié, même si ses derniers films ne sont plus des succès de box-office.

Cette façon de déclencher le rire à la moindre de ses apparitions et de susciter sans démagogie l'émotion du spectateur se retrouve de plus en plus rarement dans le Gotha du cinéma actuel ; on peut simplement regretter que Fernandel n'ait pu rencontrer tout au long de sa prolifique carrière davantage de Guitry ou de Pagnol

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Doté d'une étonnante présence physique, Jules Auguste César Muraire (1883-raimu1946), dit Raimu, comédien né à Toulon, fit ses premières armes au music-hall, comme de nombreux artistes de sa génération. Il anima avec succès les revues du concert Mayol avant de devenir une extraordinaire « bête de théâtre » dans Marius, dès la création de la pièce, en 1929. Il imposait son naturel de comédien, à une époque où le jeu était assez surchargé. Le cinéma allait très vite s'emparer de cet acteur, indéfectiblement associé à ce rôle de père, bougon et hâbleur mais désemparé malgré son imposant personnage. Donnant des lettres de noblesse à des mots conventionnels, Raimu fit de la célèbre partie de cartes un morceau de bravoure, digne de ces fameux mots de dialoguiste, tant imités depuis sans être jamais égalés. Il tourna la trilogie de Marcel Pagnol Marius (1931), Fanny (1932), César (1936), en compagnie des mêmes acteurs qui formaient un microcosme provençal régi par une morale sévère... que l'on s'empressait vite de contourner.

Au début des années 1930, Raimu joue également dans des films de série, qui sont révélateurs du paysage mental de la France de l'époque : Les Gaietés de l'escadron (1932), Ces messieurs de la Santé (1934), L'École des cocottes (1935). Il y incarne avec jubilation banquiers véreux ou capitaines d'opérette... Le cinéma du samedi soir adaptait alors de nombreux vaudevilles à succès. Raimu alterne ainsi Sacha Guitry (Faisons un rêve, 1937), Flers et Cavaillet, Louis Verneuil : la plupart de ces films ne sont pas des « films de réalisateur » au sens actuel du mot, mais des films de comédiens-Protée, capables d'affronter les pires situations. Mais Raimu était soucieux des équipes avec lesquelles il tournait ; il ne songeait pas à faire un unique numéro d'acteur. De cette époque émergent deux grandes compositions : L'Étrange M. Victor, tourné en 1938 par Jean Grémillon, et La Femme du boulanger, réalisé la même année par Marcel Pagnol. Dans l'univers de Grémillon, il relègue tout manichéisme à l'arrière-plan, en incarnant un assassin respecté qui revêt les traits d'un « honnête commerçant » et dont il laisse s'exprimer toute l'ambiguïté par son jeu inquiétant et rassurant à la fois. Dans le film de Pagnol, il joue plus ouvertement et ne cherche qu'à retrouver les gestes et le comportement du boulanger, technique d'intériorisation du personnage, commune à tous les comédiens de l'époque.

Il n'a pas toujours eu l'occasion de retrouver des rôles qui lui collent autant à la peau. Les films qui suivent, Noix de coco (1939), Dernière Jeunesse (1939), Le Duel (1940), où il campe un père blanc quelque peu insolite, L'Homme qui cherche la vérité (1940), ne sont pas à la hauteur de ses capacités. Heureusement, Pagnol, dans La Fille du puisatier (1940), lui donne Fernandel pour partenaire. Le temps des Gaietés de l'escadron est révolu, et les deux acteurs nous offrent une formidable leçon d'art dramatique.

Ce ne fut pas le dernier bon rôle de Raimu : on le voit dans Les Inconnus dans la maison (1942), solide adaptation de Simenon par Henri Decoin, dans Le Bienfaiteur (1942), du même réalisateur et dans Le Colonel Chabert (1943), où une fois de plus il est très inquiétant sous son apparente bonhomie. Il retrouve Fernandel dans Les Gueux au paradis (1946), véritable « nanar ». Avant de tourner son dernier film, il jouera Le Bourgeois gentilhomme à la Comédie-Française - rôle qui lui tenait à cœur, tant il adorait faire la satire des parvenus. En 1946, il joue L'Homme au chapeau rond, d'après L'Éternel Mari de Dostoïevski : il y donne une assez terrifiante version de l'adage selon lequel « la vengeance est un plat qui se mange froid »...

Disparu en pleine gloire, Raimu aurait pu s'adapter encore au système de production des décennies suivantes et rencontrer des réalisateurs qui auraient mieux su utiliser son ubiquité. Bien qu'il ait tourné trop de films mineurs, le comédien demeure l'un des plus populaires et des plus marquants de l'histoire du cinéma français.

Recette gastronomique : La Bouillabaisse marseillaise

bouillabaisseIl y a autant de recettes de bouillabaisse que de cuisiniers à Marseille. Toutefois il y a des règles de base ne serait-ce que dans le nom de ce plat ; bouillabaisse en provençal boui-abaisso signifie bouille ( le poisson ) et abaisse ; nous y reviendrons dans la recette. Les ingrédients à mettre font souvent l'objet de longues discussions

Faisons le point : la bouillabaisse se compose d'une soupe de poissons que l'on mange avec des croûtons de pains tartinés, de rouille et de poissons servis entiers.
Voici les ingrédients que l'on doit mettre ou que l'on peut mettre.
La soupe : poissons de roche (girelles, serrans, gobie, pataclé) queue de congre, murène, crabes, cigales de mer.

Poissons pour la bouillabaisse : rascasse, vives, rougets grondin, congre en tranches (partie centrale), saint pierre.

Ce que l'on ne met pas : loup, dorade langouste.

Ce que certains ajoutent : pommes de terre.


Recette de la bouillabaisse dite riche (pour 10 personnes):

2004-02-14_BOUILLABAISE[1]ingrédients pour la soupe:
2kg de soupe de roche, (ou à la rigueur 1kg de soupe de roche et
1 kg de soupe chalut - moins chère), 1 tête de congre, 200g de petits crabes, 400g d'oignons, 200g de blancs de poireaux, 100g de fenouil frais, 800g de tomates mûres, 2 gousses d'ail, fenouil sec, 3 cuillerées à soupe d'huile d'olive, 40g de concentré de tomate, 2g safran, sel fin.

Ingrédients de la bouillabaisse : 1 à 2 poissons par personne selon grosseur à prendre dans la liste ci-dessus, 2 oignons, 2 tomates, 2 gousses d'ail, persil, fenouil sec, thym, ½ verre d'huile d'olive, sel, poivre, 1 écorce d'orange

Ingrédients pour la rouille et les croûtons: 1 à 2 gousses d'ail, 3 ou 4 piments de Cayenne, 50g de mie de pain, 12 oursins, 0.2 litre huile d'olive, sel, lait, 2 baguettes de pain rassis.


Recette de la soupe :


préparation des poissons :vider les gros poissons (pour les petits ce n'est pas nécessaire), laver, tronçonner les gros poissons. Si possible faire mariner la veille (oignons, fenouil, ail, safran, huile d'olive, tomates). Cette marinade sera utilisée comme garniture arômatique.


préparation de la garniture arômatique : éplucher et laver les oignons, le blanc de poireau, le fenouil frais. Les émincer et réserver.
Hacher l'ail, laver et couper les tomates en quartiers, et réserver.
Cuire la soupe de poissons : mettre à chauffer l'huile d'olive, ajouter le poireau, le fenouil et l'oignon, faire suer cette garniture sans coloration. Adjoindre les crabes les faire colorer au rouge, ajoutez les poissons et faire suer 5 à 6 minutes avec la garniture aromatique. Ajouter la tomate fraiche, l'ail haché, la tomate concentrée. Laisser cuire quelques minutes. Mouiller avec
2,5 litres d'eau froide. Adjoindre le fenouil sec et une partie du safran. Assaisonner de sel et de poivre du moulin. Faire bouillir 25 à 30 minutes vivement. Remuer de temps en temps la soupe.
Au terme de la cuisson, passer la soupe au moulin à légumes et remettre à bouillir en remuant de temps en temps et réserver.


Préparation du pain : Frotter les baguettes avec une gousse d'ail, la découper en tranches, ajouter l'huile d'olive et passer au four. Réserver.
Préparation de la rouille : Mettre la mie de pain à tremper dans du lait. Piler au mortier l'ail, le piment de Cayenne, ajoutez le corail des oursins. Essorez le pain et ajoutez dans le mortier. Pilez jusqu'à obtention d'une pommade. Ajoutez progressivement l'huile d'olive et montez au pilon comme une mayonnaise. Salez.
Préparation des poissons :Parez, écaillez et les poissons. Mettez dans une casserole 3l d'eau à bouillir. Dans une autre grande casserole mettez l'oignon émincé, l'ail écrasé, les tomates pelées, épépinées et hachées, le persil, thym et fenouil, 1 morceau d'écorce d'orange. Déposez dessus tous les poissons sauf le saint pierre, ajoutez un demi verre d'huile d'olive ; Recouvrez avec l'eau bouillante et cuisez à feu vif ( boui ) pendant 5 minutes. Ajoutez le saint-pierre et continuez à bouillir à feu vif le tout pendant encore 5 minutes. Retirez du feu ( abaisso ) et enlevez les poissons. Dressez dan un plat.

Servir dans chaque assiette les croutons tartinés de rouille, la soupe par-dessus et les poissons.

LES CRECHES EN PROVENCE

Avant de rentrer dans le sujet de la tradition des crèches en Provence abordons l’origine de la fête de NOEL.

 

Le solstice d’hiver

Dès que l'homme commencé à cultiver la terre, il suivit attentivement la trajectoire du soleil tout au long de l'année, car c'était de lui que dépendait la nourriture, la chaleur et le bien-être. Le cours des saisons déterminait aussi le moment des fêtes. Depuis la nuit des temps, les rites de remerciements et de sacrifices étaient célébrés dès que le soleil atteignait les points significatifs de son orbite, c'est à dire aux solstices d'été et d'hiver. Ce fut au solstice d'hiver, la période de l'année où les journées commencent enfin à être plus longues, que l'on concéda le plus d'importance. 

 

Les saturnales

Les romains invoquaient Saturne, dieu des semailles et de l'agriculture, dont le nom vient du verbe latin Severe (semer). Sa fête, les saturnales, donnait lieu à des réjouissances du 17 au 24 décembre. On disait qu'elles s'étendaient jusqu'aux calendes de janvier, le jour de l'An romain. Les calendes désignaient, chez les Romains, le premier de chaque mois. A l'origine, les Saturnales avaient lieu à l'occasion des semailles, mais cette tradition se perdit avec le temps. Cette célébration servit peu à peu à justifier toutes sortes de réjouissances effrénées, de fêtes et d'orgies. Le poète gréco-romain Lucien, qui vécut au IIe siècle après J.C., décrivit les Saturnales comme une occasion pour boire plus que d'ordinaire, faire du vacarme, jouer et danser, pour nommer des rois et donner des repas aux esclaves. Il régnait une gentillesse à l'égard de tous. Comme pendant nos fêtes de Noël actuelles, on offrait des cadeaux : des porte-bonheur, du miel, des gâteaux, de l'or étaient des cadeaux courants. On décorait les maisons avec du lierre, des branches de houx et de gui et tout travail, à part celui de la cuisinière et du banquier, était interdit. Au 4e siècle, pour enrayer ce culte païen, l'Eglise chrétienne prit une mesure très astucieuse. La fête de la naissance du Christ fut avancée du 6 janvier au 25 décembre.

En effet le solstice d'hiver du 25 décembre était la fête la plus importante de l'an mithraïen : on fêtait la renaissance du "sol invinctus" (dieu invaincu). L'Eglise n'hésita pas à déclarer le Christ "sol invinctus". Les chrétiens procédèrent de la même manière au cours de l'évangélisation d'autres peuples : la fête de Noël fut transférée aux jours de fêtes païens importants, tels que la fête de Jul chez les germains. L'objectif restait le même : faciliter le passage de la coutume païenne à la foi chrétienne.

Un élément facilita cette démarche : il s'avérait impossible de fixer une date précise pour la naissance du Christ, car à l'époque il n'existait pas de calendrier universellement valable. La plupart des chrétiens furent vite persuadés que la date de la naissance du Christ était le 25 décembre.

La crèche provençale

Santons P1A partir de la fin du XVIIIème siècle, la crêche provençale se répand partout et prend son caractère typiquement de cette Provence puis deviendra rapidement très populaire.  Elle finit par représenter tous les métiers de l'époque en costume local des années 1820 à 1850, car il faut le savoir que c’est à la Révolution de 1789 que la Provence doit ses premiers santons dont le nom vient du provençal "santoun" qui signifie "petit saint" et qui rappellent la simplicité originelle de la grotte de Bethléem. Pendant la fermeture d’ église en période révolutionnaire, il n’y avait  guère de crèches à contempler c’est alors que le figuriste Jean-Louis LAGNEL de Marseille eut l’idée de fabriquer ces petites figurines à bon marché et de les vendre aux familles. Les personnages étaient alors façonnés avec de la mie de pain séchée, puis peints à l'huile et au vernis.

 

Santons 2Depuis le début du XIXe siècle, les santonniers se transmettent de père en fils leur art populaire dans le respect des traditions. De grandes marques se distinguent avec leur propre style et leur palette de couleurs : les ateliers Marcel Carbonel et les santons de Mireille Fouque. Le matériau utilisé est l'argile locale de Marseille ou d'Aubagne, de couleur rouge. Le plastique, le plomb ou le plâtre sont proscrits. Marseille est capitale santonnière depuis 1803, manifestation traditionnelle qui se déroule sur la Canebière du dernier dimanche de novembre jusqu’à l’Epiphanie (6 janvier).

En principe, la coutume veut que chaque famille possède sa crèche et ses  santons qui sont achetés dans le monde entier.

Quels santons doit-on mettre dans la crèche ?

Là encore, pas de règles précises. Pour les vrais puristes, nous signalerons que la Sainte Famille doit être installée quelques jours seulement avant Noël, que le santon qui figure Jésus ne doit être mis que le 24 décembre à minuit et que les Rois Mages n'apparaissent que le jour de l'Epiphanie. Dernier détail, les membres du clergé ne sont logiquement pas représentés dans la crèche puisque l'église est née après Jésus. Sachez seulement qu'il existe plusieurs familles de personnages, nous ne pourrons tous les citer tellement ils sont nombreux.

Les Valets : L'aubergiste qui avait refusé de loger la Sainte Famille, il est honteux et se cache. Le ravi (simple d'esprit) qui émerveillé lève les bras au ciel, le Pistachié qui a peur de tout et Giget le bègue (personnages de la Pastorale Maurel).

Les Bergers : Ils sont très importants puisque c'est à eux que la bonne nouvelle fut annoncée en premier par l'ange Boufaréou (aux joues gonflées). On trouve le berger et son chien, le berger couché, le berger qui porte un agneau... et les moutons, chèvres...

Les Villageois : Parmi eux, on distingue le meunier, le boulanger, le paysan, la lavandière, la femme à la cruche...

Les Vieux et les Enfants : Plus lents dans la procession qui mène au lieu de la naissance, on trouve la vieille à la chaufferette, le bûcheron et sa femme venus des Pastorales, on a aussi Jourdan, Roustide, Grasset et Grassette. Pour les enfants, on trouve généralement l'enfant aux fruits, la femme à l'enfant.

Les Gagne-petit : Parmi cette famille nombreuse, on distingue le chasseur, le pêcheur à la ligne, le ramoneur qui venait chaque année de Savoie, le vitrier, le chiffonnier, la vendeuse d'escargots, l'aveugle et l'enfant, les bohémiens, le vagabond...

Les Citadins : Des métiers des villes (commerçants et artisans) ont également été représentés, on peut citer en particulier la poissonnière, le portefaix, la bouquetière, le porteur d'eau, le rétameur, venus de la Pastorale, citons aussi le rémouleur et le cabaretier (Bartoumiou) qui seront guéris de leur ivrognerie en arrivant devant la sainte étable...

Les Notables : Parmi eux arrive en bonne place le maire accompagné du garde champêtre.

Les Porteurs de présents : Ces derniers sont représentés chacun avec un présent qu'ils amènent à l'enfant pour sa naissance. On trouve plusieurs personnages dont la spécificité réside dans le présent qu'ils portent. On a le porteur ou la porteuse de : oie, poule, lapin, vin cuit, fougasse, morue, fromage...

On trouve les musiciens, parmi eux on a principalement le tambourinaïre, le joueur de vielle et d'accordéon. Parfois on trouve également plusieurs santons qui constituent une farandole...

Enfin et pour terminer, citons la présence de la fameuse Arlésienne qui pour ce grand événement daigne, contrairement à la légende, se montrer. 

Noël provencal

"Ce jour là, sur la table, trois chandelles brillaient, et si parfois la mèche tournait devers quelqu'un, c'était de mauvaise augure. A chaque bout dans une assiette, verdoyait du blé en herbe qu'on avait mis à germer dans l'eau le jour de la sainte Barbe. Sur la triple nappe blanche, tout à tour apparaissaient les plats sacramentels : les escargots (...) la morue frite et le muge aux olives, le cardon, le scolyme, le céleri à la poivrade, suivis d'un tas de friandises réservées pour ce jour là."
Frédéric Mistral

Le Gros Souper de Noël

En Provence, comme dans bien des régions de France, le soir de Noël est une fête familiale par excellence. Comme dans bien des cas, il faut reconnaître tout de même que notre région a mieux perpétué qu'ailleurs les vieilles traditions et qu'ici on doit certainement fêter la Noël en sachant mieux qu'ailleurs la signification de certaines actions ou coutumes.

Ces coutumes, nous allons vous les faire découvrir...

Le "Cacho-Fio"

Cette tradition prend certainement sa source dans les fêtes païennes très anciennes liées au solstice d'hiver qui donnaient lieu à de grands feux de joie comme cela peut encore se pratiquer en été lors de la Saint-Jean. Le soir de Noël, lorsque la table de fête est dressée, le plus âgé de la maison aidé du plus jeune choisit la plus grosse bûche possible parmi la provision de bois pour l'hiver (parfois il est question de chêne, parfois de bois d'arbre fruitier). Ensemble, tenant la bûche chacun à un bout, ils font trois fois (symbole de la Trinité) le tour de la table avant de la mettre dans la cheminée, l'aïeul l'arrose d'un verre de vin cuit en prononçant les paroles suivantes :

Allégresse, allégresse !

Mes beaux enfants, que Dieu nous réjouisse !

Avec Noël tout bien vient,

Dieu nous fasse la grâce de voir l'an qui vient,

Et, si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins.

Cette bûche, qui rappelons-le était choisie bien grosse, devait brûler doucement dans un coin de l'âtre jusqu'à la nouvelle année. On peut dire que si cette coutume n'est plus trop respectée de nos jours, il reste dans toutes les régions la bûche de Noël, celle fabriquée par le pâtissier qui permet de donner une certaine survivance à cette tradition très ancienne.

 

 

Le "Gros Souper"

Après cette tradition du "Cacho-Fio", commence à proprement parler le "Gros Souper" de Noël qui permettait de patienter jusqu'à la messe de minuit. Ce qui frappe lorsqu'on étudie ce repas de fête, c'est que ce dernier est un repas maigre qui privilégie les légumes aux viandes et aux sauces grasses. Ce repas devait proposer une profusion de plats confectionnés avec tout ce dont on disposait comme denrées sur place. Ceci fait que suivant les lieux on note d'assez importantes disparités quant au contenu des assiettes. Malgré tout, encore une fois, la constante principale est que chacun des plats est constitué principalement de légumes.

La table de fête

La table de fête devait être recouverte de trois nappes, éclairée par trois chandeliers (symbole de la Trinité) et tous les plats devaient être présentés en même temps au début du repas (desserts compris). Suivant les lieux, la première nappe était enlevée avant les desserts. En fin de repas, la table ne devait pas être desservie, on nouait juste les coins afin qu'il ne traînent pas sur le sol et que de mauvais esprits ne puissent monter sur la table. On ne desservait pas la table car, ainsi, les ancêtres pouvaient durant la nuit venir participer au repas comme les vivants.

La place du pauvre

Dans bien des endroits, il est également de tradition de laisser une place vide au cas où un indigent se présenterait pour partager le repas. Cette tradition s'appuie plus à l'origine sur le fait que cette place d'honneur servait à honorer le souvenir des parents disparus plutôt qu'à accueillir quelque mendiants.

Le menu

Comme nous l'avons dit, le gros souper était constitué de légumes et de fruits produits sur place par chaque famille. Par conséquent, suivant les lieux et les productions, il ne ressort pas de mets traditionnels mais plutôt plusieurs spécialités parfois très localisées, nous citerons Mistral qui décrit un menu de Noël ainsi :

Escargots (passés nature 2 à 3 minutes sur la braise), morue frite, muge aux olives, cardes, cardons, salade de céleri, fougasse à l'huile et les treize desserts.

On peut constater que ce menu, même s'il fait état de nombreux plats, est constitué de mets simples, bien que Mistral fut issu d'une famille aisée.

Comme autres spécialités, il est possible de citer :

A proximité du littoral, le plat principal était la bouillabaisse que les pauvres confectionnaient à base de morue et de cardes. A Grans (Bouches du Rhône), on mangeait des cardes blanchies et de la salade de céleri que l'on trempait dans l'huile d'olive. En Haute Provence, le repas comportait différents gratins en particulier d'épinards et de morue frite à l'huile d'olive et garnie de câpres, du céleri au fromage, des oeufs durs... A Six-Fours-les-Plages, on faisait un gratin de chou-fleur à la crème et de la morue. On confectionnait aussi du côté des Alpes maritimes des raviolis et des pâtes fraîches. En Ubaye, la spécialité était les tourtes aux légumes.

Comme on peut s'en rendre compte il n'existe pas de plats spécifiques pour le Noël de Provence, il faut simplement qu'il y ait le plus de mets possible et que ces derniers soient principalement à base de légumes...

 

 

Les treize desserts

Le met qui est resté le plus populaire est le dessert. En respectant le même esprit que le reste du gros souper, la tradition cite 13 desserts (nombre des apôtres), mais encore une fois il est quasiment impossible de définir une liste précise et immuable de ces derniers. La constitution de ces desserts est d'ailleurs chaque année un sujet de discussion assez houleux. Pour ne pas verser dans la polémique, nous dirons que là également ce qui compte c'est de faire avec ce que l'on trouve sur place. Voici un exemple parmi d'autres qui me vient de Brignoles:

- raisins séchés
- figues sèches

- amandes et noix

- prunes de Brignoles

- poires d'hiver et pommes

- cédrats confits

- confiture de coings et confiture de fruits au moût de raisin

- nougat blanc (noisettes, pignons et pistaches) et nougat noir (miel)

- cachat piquant (fromage blanc)

- fougasses

- bugnes frites                                                                                                           - galettes au lait parfumées au fenouil et au cumin

- pompe à huile pour saucer le vin cuit

En bref, si vous souhaitez vous aussi faire les treize desserts, ce qui est important c'est qu'ils soient treize et que tous soient sur la table en même temps. Petit détail, les desserts étaient accompagnés de vin cuit.

Ces treize desserts concluaient le gros souper et permettaient de faire patienter jusqu'à la messe de minuit. Il est à noter également que la messe ne concluait pas pour autant la soirée, on passait généralement la nuit à veiller en racontant des anecdotes du passé, en jouant parfois aux boules, en faisant toutes sortes de farces bruyantes et en dégustant l'anchoïade dans laquelle on trempait des coeurs de céleris.

Et pour solder ce chapitre voilà ce poème réfléchi par moi-même sur :

NOEL en PROVENCE

A partir de la Sainte Barbe, Noël commence en Provence,

Soucoupes garnies du coton humide où germera le blé en abondance

Lorsque cette semence décorative de la table et de la crèche prend son lien

Ce dicton nous prédira, nul dans la région ne l’ignore, que tout ira très bien

Le firmament est décoré de nombreuses étoiles, car c’est aujourd’hui veille de Noël

A Barbetane, le costume provençal est de mise pour la messe de cette nuit la plus belle

L’astre scintillant au-dessus de la crèche familiale se met à frissonner

Semblant dire au Santons : « Suivez moi, je vous conduis comme les bergers

Pour Vous annoncer l’ Anniversaire de la naissance

De l’enfant Emmanuel, Sauveur de notre humanité, né en mauvaise aisance

La cérémonie du « cacho-fio » commence lorsque le grand-père avec patience,

Allume la bûche d’arbre fruitier arrosé de vin cuit en récitant la bénédiction apprise dans son enfance :

« Si dans une autre année nous ne sommes pas plus, mon Dieu

Ne soyons pas moins » tel est ce vœu récité au ton glorieux.

Sur la table, le poisson, escargots, anchoïade reposent sur trois nappes superposées

Céleri et cardes à la crème et en gratin suivi des treize desserts ne sont pas oubliés.

Ni le morceau de choix, « la pompe à huile » appelée « gibassié »

Cette galette moelleuse parfumée à l’eau de fleur d’oranger.

JOYEUX NOEL pour Vous qui me lisez, pour Nous en Provence

Que cette période d’espoirs et de lumières vous apporte beaucoup de chance

Nos meilleurs souhaits de Santé et de Bonheur pour tous les jours

Avec davantage au quotidien de travail et d’Amour.

 

 

Conclusion : Après avoir rédiger  trois départements, et pour répondre à des questions sous-entendues, je vais vous donner l’explication de cette sensualité particulière que j’éprouve à l’égard des Yvelines et des Bouches du Rhône.

La première est simple et logique parce que j’y ai passé une partie de ma vie, entre bonheurs et malheurs, donc j’y suis attaché comme à mon département (67) de naissance.

La seconde raison est liée à mon oncle André Jules (frère de ma mère) auquel je rends hommage ainsi ; mais ceci me rappelle également mon enfance où mon oncle m’emmenait avec lui en région parisienne ou à Marseille et pendant tout le trajet il me faisait un cours d’Histoire et m’expliquait les différentes curiosités à voir. Aujourd’hui grâce à lui, je suis très fier car par sa narration, j’ai acquis une certaine culture et surtout un grand intérêt pour l’HISTOIRE.

Je souhaite de tout cœur d’avoir convaincu ceux et/ou celles qui avaient un doute.

lagardeglanum800

envau

 

 

 

 

 

 

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 carbone_cathedrale

17:30 Écrit par josiane meulders | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

marseille est belle un jour je viendrai te voir

Écrit par : slimani | 08/11/2010

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Écrit par : serrurier paris 1 | 28/07/2014

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